Territoires en réseaux/Atelier du matin
Un article de FormaVia.
Classé dans Compte-rendu, Territoires en réseaux
Atelier animé par Stéphane Vincent, 27e Région
Podcast de l'atelier
Media:Territoires_en_réseaux_-_matin.mp3Restitution vidéo de l'atelier
Stéphane Vincent : C’est bien cela. Dans cet atelier, on est partis de l’hypothèse que l’irruption de l’Internet et des TIC dans la formation, c’était pas qu’un vulgaire outil en plus, ça ne nous échappe pas, mais que c’était un véritable sujet de transformation. Ça a changé le rôle des acteurs, d’un certain nombre de protagonistes sur le territoire. On a essayé de regarder point par point ce que ça avait changé chez les acteurs, on a pas eu le temps et il nous manquait sûrement des protagonistes sur le territoire, comme les missions locales, ou d’autres acteurs comme les pôles emploi, ex-ANPE, mais on a commencé à le faire.
Donc, l’Internet et les TIC, leviers de transformation majeurs dans les questions de formation et, on va dire, d’emploi. Des choses qu’on a déjà dites aujourd’hui, mais qu’on a un peu repris dans le détail, évidemment qu’on est passés de modèles verticaux à des modèles horizontaux, alors les gens ont employé des expressions très précises là dessus. On a parlé « éducation populaire », globalement le modèle de Grigny par exemple, est un modèle qui n’est pas dans les canons habituels de la formation mais qui est un modèle basé sur l’éducation populaire. On a employé des expressions comme « rendre les gens autonomes » et j’ai entendu dire que cela avait été dit à l’atelier précédent, c’est-à-dire ne pas les enfermer dans les offres, ne pas leur offrir des offres de formation fermées, mais rendre les gens capables de se débrouiller tout seuls. Un peu la fin de l’expertise à l’ancienne avec des experts qui parlent à des gens qui doivent écouter.
On a parlé « apprentissage collectif », on a dit des gros mots comme « innovation sociale », on a parlé de partir des pratiques des gens et ne pas chercher à plaquer des approches toutes faites, et je m’apercevais qu’on préférait parler de partir des pratiques des gens que de dire « les jeunes », « les personnes âgées » etc, mais partir de la façon dont les gens fonctionnaient et dont on pouvait les rendre plus autonomes.
C’était aussi aller là où les gens sont, [Jacques Houdremont de la M@ison de] Grigny nous expliquait dans quelle mesure il allait dans les appartements faire de l’apprentissage aux nouvelles technologies, donc aller vraiment où les gens sont et ne pas espérer les faire venir dans un haut lieu.
On a évoqué l’idée que le métiers, les postures avaient changé mais un peu sous la contrainte car dans le cadre institutionnel il y a des codes, il y a une culture, des formes, des réglementations, quelqu’un nous disait par exemple que la formation à distance c’était pas reconnu par le face à face dans le profil de poste, je crois que la personne est obligée de travailler gratuitement quasiment quand elle enseignait sur le mode de la formation à distance.
Des acteurs et des cultures mobiles contre des acteurs qui étaient eux plus rigides et plus institutionnels.
On a regardé quand est-ce que ça avait échoué, ça s’est planté quand on a utilisé les TIC sans y associer un projet pédagogique, ou bien en y associant le même projet pédagogique qu’il y a dix ans. Donc on avait pas changé le « système d’exploitation » si j’ose cette métaphore. Et ça a réussi en revanche quand on avait travaillé sur les pratiques des gens, quelqu’un a cité l’exemple de l’utilisation de la Wii dans des pratiques d’animation, dans des cours. Ou bien quand on avait renversé le processus, qu’on était passé de la formation à l’apprentissage, quand on avait été là où les gens sont etc.. Au fond, la piste qui ressortait le plus fort vers la fin, on s’est aperçu que dans tout ça, les espaces numériques avaient un rôle quand même particulier, il nous a été un peu confirmé que, notamment sur la recherche d’emploi et de formation, les espaces numériques avaient vu venir tous les acteurs qu’on ne savait plus renseigner dans d’autres pôles plus institutionnels, les ANPE ont du mal à maîtriser les questions d’Internet et hop ! elles envoient dans les espaces numériques, et au fond, on est aboutis à ce qu’il y avait, et je pense que ça peut parler aux acteurs de la région Rhône-Alpes et du service public de la formation, il y a un vrai un vrai rôle du service public dans l’accompagnement à la formation et à l’emploi et il y a là un vrai sujet.
Ils ne sont pas des auxiliaires marginaux de ces questions, c’est eux qui voient aujourd’hui se transformer les questions de formation et d’orientation à la formation et ils se décrivent comme un service public, donc là il y a bien un sujet, une piste intéressante à intégrer.
Jacques-François Marchandise : Merci Stéphane.
Tour de table :
Odile Coppey, DF Laurence Chatelin, consinfoeillère locae jeune Xavier Trabet, responsable informatique, Lycée Technique FEUNS Franck Lavagne, Association les Tracols, responsable chargé des EPN Jean Simon, resp EPN Pierre Chatel Emlie Chirouze, CTEF (contrat territoriale emploi formation) Forez Eric De Bouclaus, ctef-27 emploi Paul, adaptation logement sénior, formation des seniors, personnes en diff Anne-Marie Perraud, Université de Lyon 1, chef de projet formation outil numérique des enseignants chercheurs, spirale, familiariser les enseignents aux outils Guy Pastre, M@ison de Grigny, VP des epn du Lyonnais Jacques Houdremont, Maison de grigny Garlan Nizon, pôle numérique de la drôme, Réseau d'EPN Christian Guyon de Chemily, DAFCO Lyon, conseiller formation continue, mission académique, Eric Munier, ddjs, conseiller éducation populaire, rdac, collectifs epn Gérgoire Japiot, explorateurs du web Olivier Gorlier, ingénieur Afpa, individualisation des parcours Liliane Esnault, Enseignant-chercheur, interaction et tic Patrick Privat, apf formation log, publics loin de l'emploi
Constats : la boîte noire de l'outil
Enjeux : partir des pratiques
Notes de l'atelier :
Cet atelier va d'abord s'atteler à identifier où se situent les enjeux de transformation :
Qu'est ce qui a changé dans la recherche d'emploi et de formation?
- L'internet a t-il transformé les questions d'orientation, de formation et d'emploi ? (change le positionnement de tous les protagonistes)
- Qu'est-ce qui a changé chez les publics ? (Un écart croissant entre les plus exigeants, moins passifs, font leur blog "le chercheur d'emploi va vous recevoir" / et ceux qui ont du mal à exister professionnellement, à se formuler, à valoriser leur compétence et maîtriser leur image, faire leur cv, qui n'ont pas internet
- Qu'est ce qui a changé chez l'employeur ? veille sur les candidats via Google
- Qu'est ce qui a changé dans la médiation emploi/formation ? du mal à suivre sur internet et les nouveaux modes de recherche d'emploi et de formation (les EPN en auxiliaire, ex Grigny?)
- Qu'est ce qui a changé chez les OF? du mal à se convertir aux nouveaux modes de formation (autodirection dans les apprentissages, autoformation, réflexivité, coopération avec les autres, communiquer sur ses compétences
- Des centaines de nouveaux acteurs, en ligne, commerciaux (Linkedin, Viadeo, etc)
Conséquences: les métiers doivent évoluer, les politiques doivent bouger
- Politique éthique, d'autonomie plutôt qu'assistanat, repartir des gens et moins de la bureaucratie (co-concevoir, aider les gens à valoriser leurs compétences plutôt que leur proposer de nouvelles formations, apprendre aux gens à s'exprimer en ligne plutôt que leur proposer des outils fermés
- Les conseillers à l'emploi doit travailler en réseau social, dépassant les frontières entre Anpe, associations d'insertion, etc.
- Les chercheurs d'emploi deviennent offreurs de compétences et doivent se mettre en réseau
- Une nouvelle génération d'écrivains publics "numériques" et d'animateurs doit former les citoyens à l'expression de soi, à la publication numérique 2.0, à la vidéo, aux réseaux sociaux
L'Hypothèse de départ pourrait être que internet a transformé la formation, voire les protagonistes de la formation. Et en effet, on observe :
- qu'on est passé de modèles verticaux à des modèles horizontaux (éducation populaire, rendre les gens autonomes, plus d'experts, apprentissage collectif, innovation sociale, on part des pratiques des gens, on va là où ils sont: Grigny va dans les appartements)
- que les métiers, les postures ont changé, mais on est contraint par les codes, les formes, les réglementations ; on peine à mobiliser d'autres supports que le texte
- qu'il faut créer des synergies entre des acteurs mobiles, souples (Grigny) vs les acteurs officiels de la formation : les ordis ont fait irruption dans les amphis, les lieux de formation / la formation à distance n'est pas reconnu comme du face à face
- ça s'est planté: quand on a utilisé les TIC sans y associer un projet pédagogique, ou en y associant le même projet pédagogique qu'avant
- ça a réussi: quand on travaillé sur les pratiques des gens (ex: la Wii comme outil d'animation des cours), quand on a renversé le processus (passé de la formation à l'apprentissage), quand on a été là où les gens sont
Pistes: un projet politique/ politique publique de l'accompagnement: les EPN
Documents de l'atelier:
Prenez connaissance du document visuel présenté lors de la restitution
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