Territoires en réseaux/Atelier de l'après-midi
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Atelier animé par Stéphane Vincent, 27e Région
Podcast de l'atelier
Media:Territoires_en_réseaux_-_après-midi.mp3Restitution vidéo de l'atelier
Stéphane Vincent : On s’est d’abord amusé, si je puis dire, à parler des territoires en réseau en disant, au fond, le sens de la mise en réseau des acteurs sur le territoire, c’est peut-être aussi de regarder ce paysage.. Alors on est partis d’une tentative de paysage de l’ensemble des acteurs de la formation mais aussi de l’emploi et de l’orientation en reprenant le millefeuille du point de vue de l’usager. Et quand la tentation était forte de se dire, un des enjeux de la mise en réseau des acteurs sur le territoire, c’est de partir de cette logique d’offre en silos qui va vers les utilisateurs et puis de reconstruire une logique de la demande, de repartir de la demande. En tout cas, mieux mettre en réseau les acteurs sur le territoire, c’est au bénéfice normalement des usagers qui doivent s’y retrouver mieux dans l’ensemble de l’offre etc.. Donc c’était un peu notre postulat de départ.
Donc le millefeuille des acteurs sur le territoire avec cette idée de passer d’une logique d’offre à une logique de demande. On s’est intéressés à un cas très intéressant, un tout petit peu étranger au domaine de la formation, ils font un peu des formations mais auprès des agents de développement local, c’est l’ARADEL. Je crois qu’elle est partie mais c’est Claudine Pilleton qui dirige ce réseau, qui est parti comme un réseau, qui est né il y a une trentaine d’années, de quelques dizaines de personnes qui sont agents de développement local, et qui ont décidé de construire une communauté de métiers, donc là le sujet c’est comment on construit un réseau autour d’une communauté de métiers. On a tous le même métier, on est agents de développement, on a besoin d’améliorer nos pratiques, et on décide de le faire ensemble. Donc ça c’est un cas intéressant car Claudine n’arrêtait pas de nous dire « je vais vous parler de mon réseau et de mes pratiques, mais l’Internet j’y connais rien », et en réalité on s’apercevait que : un, elle avait construit de vraies pratiques de mise en réseau qui sont intéressantes pour tout le monde qu’il faut vraiment regarder dans le détail, et en réalité, ils ont un site web très performant, ils ont aujourd’hui 700 membres, tout cela est financé, ils ont un vrai budget, ils sont reconnus à l’échelle régionale. On en connaît pas, moi en tout cas je n’en connais pas, il y a des projets comme ça mais avec des agents de développement à l’échelle nationale, mais je n’en connais pas dans d’autres régions. En tout cas ce qui était intéressant c’était d’écouter quelques-unes de leurs pratiques, qu’ils avaient construit pièces après pièces au fil des années, donc elle nous dit « c’est un lieu d’échanges métiers », ce sont les acteurs qui se prennent en charge. Eux ils disent, « personne ne connaît mieux les problèmes d’un agent de développement qu’un autre agent de développement » et donc ils construisent ensemble ce projet, elle nous dit qu’il n’était jamais question des organismes, les personnes étaient là « intuiti personnae », bien sûr avec leur organisme adhérent derrière, mais c’est eux qu’ils représentaient. Elle nous a dit que c’était basé sur le don, elle assumait le fait que c’était une sorte « d’auberge espagnole » ou l’on prenait, ou l’on donnait, on était dans l’échange de savoir faire et de bonnes pratiques, qu’on pratiquait la co-construction. Quand elle nous disait qu’elle ne connaissait rien à l’Internet et aux technologies c’était pas vrai du tout, elle avait essayé quickplace (note : un outil collaboratif d'IBM) et elle disait « quickplace, c’est nul », elle nous disait « oui, la conférence téléphonique, c’est bien mais c’est réservé à des petits groupes ».
Ils faisaient travailler des consultants mais dans un rapport un peu différent de celui auquel on a l’habitude, c’est-à-dire que quand ils décidaient de se lancer dans un sujet du type « c’est quoi l’ingénierie de bâtir pour tel type de projet », le rapport, c’est eux qui le construisaient, et les consultant servaient à faire ressortir les pratiques qu’ils avaient déjà, pas à venir, c’est pas le consultant qui leur expliquait comment ça marchait, quoi. Le consultant était là pour faire ressortir les pratiques des membres du groupe.
Voilà, il y avait vraiment un projet très intéressant.
Un autre mode d’entrée dans les réseaux, c’est le projet « Ruralnet » alors là qui assume complètement d’être un projet expérimental. Eux disent « on ne sait pas ce que ça va donner, on a construit un réseau social », on le verra après, j’en ai une maquette, c’est un réseau social comme facebook, linkedin etc.. Ça assume d’être une expérimentation, ils disent « dans six mois on tirera des enseignements, on verra bien ce que ça donnera » mais ils essayent de reproduire le modèle du réseau social.
Pour terminer, en gros, parce qu’on a fait intervenir la Région avec son projet de schéma, de service régional de la formation, on voit bien que pour eux c’est une nouvelle lecture de ces mises en réseau, de ces nouvelles grammaires. Même le protocole est pas le même, pour faire une comparaison, vous voyez bien que les gens se réunissaient plutôt sur le modèle.. c’est comment reproduire à l’échelle régional le modèle de la cafetière autour de laquelle on discute plutôt que la salle de réunion formelle, où tout est guindé, où ça n’est plus le même protocole, la même ingénierie, plus la même conduite de réunion, une logique tout à fait différente.
Tour de table :
- Marie Desnoyers, Animatrice MJC, insertion professionnelle
- Patrice Romeuf, Mission locale des Fouz, accueil et insertion 16 à 25 ans
- Eric De Bouclaus, Ctef, Pays de Gex
- Jean-Brouchard, industrie hotelerie
- Jean-Marc Mangin, CRPF, commission industrie hotelière
- Jean Simon, EPN, certificat, B2I, 7 adultes, les patrons commencent
- Patrick Privat, formateur logistique Afpa, créa centre de formation logistique
- Dominique Pinard-Duchamp, Conseil Régional Bourgogne, chargé de mission, formation professionnelle, FOAD
- Emilie Fromager, cyberbureau des formations
- Claudie du carou, bourg en bresse
- Jean-Louis David, élu, Grand Roanne Agglomération
- Grégoire Japiot, Silicon Terroir
- Pascale Spano, drtfo formation au conseil régional
- France Castay, DEFC, chargée du service public de la formation
Notes de l'atelier :
Comme point départ, il s'avère inévitable de mentionner la mutliplicité des acteurs et des dispositifs autour de la formation, de l'orientation et de l'emploi. Le deuxième élément est une conséquence directe : le manque de lisibilité pour l'usager. Y a-t-il une possibilité de développer une stratégie d'organisation?
Que faire de ce mille-feuille des acteurs sur le territoire? L'une des réponses possibles est de passer d'une logique d'offre à une logique de demande. Il est intéressant de partir d'une communauté de métiers et de pratiques. ARADEL est un réseau intéressant de ce point de vue.
Il existe depuis 22 ans et a été créé par des développeurs économiques. Au départ, les échanges se font de façon plus ou moins informelle. A partir de 1997, ARADEL a obtenu le soutien de l'Etat et de la Région. Il s'organise pour aider à la professionnalisation. Le réseau permet l'échange d'expériences et de bonnes pratiques. Les groupes de travail sont des espaces de coconstruction.
Le syndicat hôtelier possède quant à lui un budget important consacré à la formation. Il forme 140 demandeurs d'emploi. Malheuresuement, il n'y a pas véritablement de culture numérique : les membres se concertent, mais ne forment pas à proprement parler un réseau. L'organisation se fait au coup par coup, plutôt en fonction des besoins. La moitié des entreprises du secteur n'ont pas de salarié. L'information circule mal... Or les usagers sont organisés en réseau (notamment pour noter les hôtels!!). L'offre existe potentiellement, et elle est très adapté à ce secteur d'activités, mais il n'est pas facile de mettre en mouvement des acteurs qui n'ont pas cette culture.
Pour France Castay, il s'agit de distinguer réseau et filière pour travailler au Service Régional de la Formation Professionnelle. Il s'agit de trouver les perméabilités entre les métiers et les territoires. On a des Organismes de Formation, des emplois, des financeurs... Il s'agit de mettre en place des structures de concertation entre les différents partenaires sociaux. Possibilité d'intégrer un outil collaboratif pour générer de l'informel et de la créativité.
Documents en lien avec l'atelier :
Retrouvez le document qui a servi à la restitution de l'atelier

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