Technologies - La Magie des technologies de demain au croisement des bio technologies, sciences cognitives et nano-technologies
Un article de FormaVia.
Quand Harry Débarque...
Plénière animée par Jean-Mcihel CORNU
La présentation file la métaphore d'Harry Potter qui repose sur l'existence d'un monde parallèle. Dans le dernier tome des aventures d'Harry Potter, il a y a trois objets magiques extraordinaires qui ont pour nom Les reliques de la mort. L'idée est de prendre chaque élément et de voir leur traduction dans le monde contemporain.
La première relique est la baguette de Sureau.
Aujoud'hui, Philips réfléchit à l'avenir de la télécommande et à sa transformation. Il s'agit de voir dans la télécommande la baguette qui permet d'agir à distance sur des objets technologiques. Philips vise à faire de la télécommande un objet unique et qui ne se multiplie plus dans l'espace de vie. Elle permettrait de commander l'ensemble des objets technologiques de l'espace domestique. Pour l'instant, cet objet est encore imposant.
Cependant, en partant de cette idée, on pourrait aller encore plus loin et mener des expériences autour de la reconnaissance vocale. La télécommande doit pouvoir être utilisée par l'ensemble des membres.
C'est à ce point qu'on vérifie la troisième loi de Clarke, auteur de 2001, l'odyssée de l'espace : "La technologie est indissociable de la magie".
La seconde relique est la Pierre de résurrection.
La recherche de cette relique mène en Suisse. Et plus précisément chez Etoy, Arcanum capsule permet d'enregistrer des éléments de personnalité.
Des expériences sur l'image sont menées pour rendre présentes des personnes absentes : on prend une image d'une personne et on peut déformer la photo pour faire parler le personnage. On lui adjoint un certain nombre de paramètres et éléments de vie (timbre de voix, expression, caractère...) On pourra alors avoir la possibilité de discuter avec une personne absente.
La troisième relique : la cape d'invisibilité
La cape d'invisibilité permet de disparaître aux yeux des autres. Au japon, un professeur a réalisé un costume avec des écrans et des images. Jean-Michel Cornu insiste sur l'aspect contemporain de ces expériences. Cependant, c'est une cape de transparence.
Aujourd'hui, il est possible de prendre un objet, de faire en sorte que les rayons lumineux tournent autour de l'objet et finalement le rendent invisible. C'est possible pour les micro-ondes. Cette technologie . Cela intéresse notamment les militaires.
Au-delà des TIC, dans les nano-technologies, ou dans les biotechnologies, dans les neurosciences, il pourrait y avoir des choses un peu magiques. Tout pourrait se croiser grâce aux recherches sur les sciences cognitives.
D'autres choses peuvent être imaginées et ouvrir de nouvelles voies dans les pratiques.
Il y a plusieurs limitations qui constituent des entraves. Jean-Michel Cornu nous invite à les dépasser et à les prendre en main : l'imagination qui est souvent laissée aux industriels et militaires, ne pourrait-elle pas être prise en charge par les citoyens et les collectivités? C'est la question de notre investissement sur ces questions qui est ici posé.
Avec les nanotechnologies, c'est un monde de technologies minuscules. Les assemblages permettent aujourd'hui de graver des circuits intégrés, mais peut-être que demain ils pourront se déplacer, intégrer des circuits hydroliques, etc.
Certains imaginent que l'on peut fabriquer un objet atome par atome. C'est un peu futuriste et de nombreux débats ont lieu pour voir si c'est possible.
Un italien, Nicola Pugno, travaille sur des costumes qui permettent d'avoir aux mains et aux pieds avec des milliards de nanopoils. Il s'agit de reprendre des faits existants dans l'espace vécu, le lézar qui grimpe au mur, et c'est en cours de réalisation. Un peu comme le fait de voler comme des oiseaux qui était proprement impensable dans l'antiquité ou au Maoyen-Age.
Les premiers ordinateurs n'étaient pas des machines à communiquer, mais des machines à calculer. L'électronique a permis d'avancer dans le monde de l'innovation. La troisisème technologie qui peut être utilisée est la biologie. Une protéine est une nano-usine : elle peut fabriquer, faire du calcul...
Jean-Michel Cornu insiste sur le champ des possibles. Le vivant n'a pas eu le temps de tester l'ensemble des possibilités étant donné le nombre de protéines existantes dans l'univers. Une protéine est un morceau de ruban qui se forme par l'articulation entre plusieurs protéines. L'existence de milliers de protéines différentes permet d'envisager un nombre quasi infini de combinaisons. Ainsi, le vivant n'a pas encore exploré l'ensemble des possibles.
L'ADN est aussi une chaîne qui se duplique facilement : la deuxième invention serait la duplication de chaque chaîne d'ADN. Mais la question de la copie est encore très vive aujourd'hui (cf. le récent débat sur la copie). Le descriptif du génome humain ne sert que si on peut travailler sur la différenciation des cellules.
Imaginons qu'à partir d'un ensemble de cellules, nous puissions commander la création d'autres cellules, leur prolongement.
Ce qui est étonnant, c'est que l'homme a d'abord appris à détruire, mais pas à recréer.
Le véritable enjeu est de ne pas laisser un petit nombre décider de ces procédés et de ces trasnformations : il s'git de se l'approprier. Avec le premier baton, l'homme a cherché à se nourrir, mais il s'en est aussi servi pour se battre avec son voisin.
Dans l'informatique, le traitement et la circulation de l'information sont maîtrisés. Mais il s'agit de penser l'ensemble de l'univers technologique.
On peut inventer des interfaces : le clavier est un objet dont il faut savoir se servir. L'onde P300 s'active lorsqu'on est surpris et pourrait être analysée par un robot.
Il existe un casque qui permet de déterminer la force de la concentration et de déplacer des objets dans des univers numériques.
L'énergie de demain
La question de l'énergie est aussi centrale dans la détermination des objets de demain. L'invention du balai d'Harry n'est pas pour demain. Un chercheur à Harvard s'est penché sur la production d'énergie grâce aux déchets : c'est une batterie qui permet de se servir de l'énergie à partir des bactéries et de la dégration des déchets.
D'autres inventions se penchent sur la possibilité de produire de l'énergie de façon autonome. Pour exemple, Gastrobotics mange des limaces et Ecobot II mange des mouches : à partir de l'ingestion de ces formes vivantes, les robots créent de l'énergie. Ainsi, la frontière entre le vivant se dissout.
Pour l'instant, l'énergie est concentrée dans des lieux (centrale, puits...), puis redistribuée à chacun. Si l'on cherche à tendre vers l'autonomie dans la production d'énergie, la question de l'énergie se posera différemment. Jean-Michel Cornu invite à déplacer les termes du débat. Suivons toutes les innovations de l'énergie, pour y voir les prémisces de ce qui pourra changer le monde, plus encore que l'informatique. Comment envisager une autonomie durable ?
Les frontières scientifiques en débat
Il ya les sciences et techniques, les sciences du vivant et de la terre, les scienes humaines et sociales sont les trois grands pôles des sciences. Les neurosciences se penchent aujourd'hui sur le mode de fonctionnement des cerveaux. Lorsque je prends une décision, il y a un temps d'inconscience. Jusqu'à présent, on observait. Mais grâce à l'ordinateur, on peut simuler. Les sciences cognitives sont à l'intersection des sciences humaines et des sciences de la terre et permettent de voir . Les chercheurs en sciences cognitives comme les anthropologues avancent qu'il n'y a pas un mode de pensée, mais deux. Deux types de mémoire sont co-présentes : une mémoire à court terme et une mémoire à long terme.
L'idée serait de dépasser les zones de conflit. Il s'agirait de faire converger les idées divergentes.
Théâtre de mémoire et cartographie
L'hippocampe est une partie du cerveau qui a été découverte récemment. Elle est capable de cartographier. L'exemple de Simonide de Ceos, poète : il fait l'éloge du maître de maison et de Castor et Pollux. Le maître ne souhaite pas payer la totalité. Il est invité à sortir pour retrouver deux personnes. A peine sorti, la maison s'écroule et l'ensemble des convives meurent. Les proches ne parviennent pas à reconnaître les morts, mais Simonide de Céos a pu retrouver l'ensemble des personnes. Il a pu désigner chaque personne par sa connaissance du plan de la maison. La capacité de repérage permet de cartographier les différents lieux. Pour reconnecter les idées, il faut qu'elles se trouvent dans la mémoire à court terme et qu'il faut les situer dans des lieux symboliques. Nous savons penser avec cinq éléments différents. Il faut utiliser un autre mode de pensée. Cela permet de penser l'innovation, de dépasser les zones de conflit.
Il s'agirait de penser coopératif en dépassant les visions individuelles.
L'éthique des sciences
Il y a un nombre important de comités d'éthique. La question de l'éthique ne doit pas être de savoir ce que l'on peut faire ou ce que l'on ne doit pas faire. Qu'est-ce que l'éthique ? C'est décider ensemble. Le plus grand comité devrait être composé de nombreux chercheurs et ne sont pas ancrés dans l'espace public.
Il est nécessaire d'apprendre deux choses : quels sont les possibles et comment les discuter ensemble.
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