Synthèse de l'expérimentation B2I adultes

Un article de FormaVia.

Participants
10 organismes participants au projet - 40 formés
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Le lancement de l’expérimentation autour du B2i Adultes a eu lieu en mars 2008. Grâce à l’intervention d’Hedvige Cornet de la DUI, les EPN ont pu répondre à cet appel. L'expérimentation s'est déroulée sur une période d'environ 18 mois et a touché environ 80 adultes. Ce document fait la synthèse de ce projet



Classé dans Compte-rendu, B2iAdultes, Projet

dernière mise à jour le 18/11/2009
Correspondant : http://www.formavia.fr/wiki/index.php/Utilisateur:slabelle


1. Contexte de l'expérimentation B2i A

Au niveau national

Le lancement de l’expérimentation autour du B2i Adultes a eu lieu en mars 2008. Grâce à l’intervention d’Hedvige Cornet de la DUI, les EPN ont pu répondre à cet appel. Une réunion d’information s’est déroulée en mars et a mis en évidence l’appétence des centres de formation et des espaces publics numériques pour répondre à l’appel. Cependant, dès le départ, plusieurs points de discussion ont été pointés et seront l’occasion d’un découragement de la part des expérimentateurs (entre autres : les conditions de validation, l’absence de moyens, qu’ils soient financiers ou humains, le peu d’animation du dispositif d’expérimentation, etc.).

Les deux réunions organisées au ministère ont permis de comprendre plusieurs éléments sur l’expérimentation :

- Le B2i s’inscrit dans une continuité, celle des B2i école, collège et lycée, et dans un espace saturé par différents « permis » : rappelons, sans être exhausitf, le Tim Pass, le NSI, le PCIE qui ont tous leur spécificité, mais qui renvoient à peu de chose près aux mêmes objectifs, nous y reviendrons. Cependant, l’appellation « B2i Adultes » cherche principalement à produire un vocabulaire normé, une référence dans le champ de la formation aux usages des médias informatisés. Elle permet la reconnaissance nationale et son inscription dans un dispositif se déployant à tous les niveaux de formation. La notion de B2i deviendrait ainsi un « repère » dans l’univers des formations dans le domaine numérique. Reste le référentiel qui constitue le socle de base des connaissances à acquérir que le ministère souhaitait poser comme objet de discussion. - Le ministère souhaitait laisser une grande liberté aux expérimentateurs. Ainsi, le peu de cadrage devait être perçu comme une opportunité pour explorer des formes innovantes de formation, pour proposer de nouveaux partenariats et collaborations. Si le principe est intéressant, lors de la mise en œuvre cela pose un certain nombre de questions. Ainsi, cette liberté ne masquait pas le flou entourant les modes d’organisation de l’expérimentation, notamment celles concernant la validation par un organisme Education Nationale.

- L'expérimentation visait à définir les conditions de mise en place de la certification. Plusieurs questions relèvent de cet aspect :

  • L’ingénierie de formation : positionnement, temps, modalités d’évaluation, livret de formation, jury ;
  • la relation entre organismes formateurs et organismes certificateurs : reconnaissance des formateurs, nature des conventions…

Au niveau régional

Lors du lancement de l’appel à expérimentation, le réseau FormaVia a proposé à la Communauté de Pratiques EPN de former un groupement. L’objectif était de travailler collectivement à la mise en place d’un dispositif de formation adapté aux publics des EPN. Le réseau FormaVia se caractérise par son rayonnement sur le territoire régional et sa thématique de travail : il réunit en son sein des acteurs de la formation continue pensant l’intégration des médias informatisés dans l’ingénierie de formation. L’objectif global de ces projets est de favoriser l’organisation en réseau, d’encourager les différentes formes d’échanges et de mutualisation entre organismes de formation, en maillant les compétences. Il considère les médias informatisés non seulement dans leur rôle de supports (c’est-à-dire l’espace d’inscription et de diffusion de contenus, comme dans la FOAD), mais encore en tant qu’objets d’usages. Aussi n’est-ce pas seulement former avec, mais former à ces médias numériques qui est un enjeu contemporain des lieux de formation. Dans ce cadre, le « B2i Adultes » recouvrait sans nul doute des besoins. Le groupement est composé de 8 centres expérimentateurs :

dont 6 EPN :

  • le Cypiée
  • la bibliothèque municipale de Saint-Appolinaire sur Rias pour le SIVU des Inforoutes de l’Ardèche
  • le CLIP (CLub Informatique Pénitentiaire)
  • la Maison de Grigny
  • la cyberbase de Bron
  • RaticeLoire

dont 2 organismes de formation :

  • Oxalis-scop
  • Objectif Formation

Le groupement a donc été accompagné par une animatrice du réseau FormaVia. Le travail s’est organisé sur la base de contributions régulières en ligne sur le wiki du réseau et sur la rencontre bimestrielle des animateurs. La première partie de l’expérimentation de mars 2008 à décembre 2008 a donné lieu à de nombreux échanges et à la construction d’une dynamique intéressante. Cependant, la réunion du 13 janvier a souligné combien les cadres de l’expérimentation étaient immuables et combien il serait impossible de faire entendre des voix dissonantes (le nombre de personnes présentes comparées à la réunion de lancement et les réponses formulées sur le référentiel étaient significatifs du manque réel d’animation au niveau national). De plus, sur le plan régional, la difficulté persistante à faire correspondre les initiations courtes déjà en place ou les plans de formation existants n’a pas permis un engagement sur le plus long terme et les centres expérimentateurs n’ont plus été sollicités.


Enjeux de la mise en oeuvre du B2i Adultes

Le B2i Adultes, c’est l’acquisition de la 4ème compétence clef de l’Union Européenne. Voici comment sont définies les compétences clefs du cadre de référence européen : elles sont considérées "comme un ensemble de connaissances, d'aptitudes et d'attitudes appropriées au contexte. Les compétences clés sont celles nécessaires à tout individu pour l'épanouissement et le développement personnel, la citoyenneté active, l'intégration sociale et l'emploi". Plus spécifiquement, la 4ème compétence clef renvoie à « l'usage sûr et critique des technologies de la société de l'information (TSI) au travail, dans les loisirs et dans la communication ». C’est évidemment une définition très large qui peut être critiquée, mais qui constitue néanmoins un cadrage : elle présume que toutes les situations de la vie quotidienne sont touchées et donc potentiellement transformées par l’usage des médias informatisés. C’est pourquoi les politiques publiques européennes infléchissent leur orientation vers une prise en compte de la nécessaire formation à ces questions et insistent sur la présence dans les savoirs fondamentaux des compétences numériques. Cependant, il est possible de discuter l'absence de précision dans ces usages, leur mise en équivalence. D'une certaine manière, seule est reconnue et affichée cette injonction à former au numérique. L’expérimentation B2I Adultes se caractérise donc par son ancrage dans un mouvement général de reconnaissance des compétences numériques, ou de l’existence d’une culture numérique dont on peut identifier le socle commun, les savoirs de base. Elle traduit aussi l’idée qu’il soit nécessaire de valider ces compétences, c’est-à-dire qu’elles soient identifiées et évaluées par un tiers. Référentiel et certification correspondent donc à une réponse pour

Le groupement rhônalpin souhaitait aussi insister sur la nécessité de s’appuyer sur le réseau de proximité que constituent les EPN. Le « public » du B2i Adultes peut a priori se définir comme plutôt éloigné des circuits de formation traditionnels. Or, les EPN accueillent des personnes qui rencontrent des difficultés, qu’elles soient professionnelles, linguistiques, sociales… Leur objectif au moment de pousser la porte d’un EPN n’est pas forcément formalisé, mais l’aide que peut fournir l’équipe d’animation peut s’appuyer sur des temps d’initiation, de formation courte. Le B2i Adultes peut correspondre à certaines de ces offres existantes. Cependant, comme l’a souligné Jean-Yves Royer, la certification n’est pas toujours nécessaire, quand bien même elle permet la reconnaissance sociale et la satisfaction personnelle. L’enjeu d’une certification ou d’un passeport s’est aussi discuté lors du FormaCamp, événement régional sur la formation et les TIC tout au long de la vie, organisé en février 2009 par la Région Rhône-Alpes (cf. synthèse). Entre formalisation des apprentissages, et démarches informelles, le B2i Adultes peut être une réelle opportunité pour des publics en difficulté (chercheurs d’emploi, reconversion professionnelle…), des publics prioritaires (jeunes, handicapés…).


2. Discussions ouvertes autour du B2i Adultes

Il est d’abord nécessaire de souligner à quel point la mise en place de cette expérimentation n’a pas été facile. Ces difficultés tiennent davantage au contexte général de l’appel qu’à un réflexe de repli de la part des acteurs concernés. On aurait tôt fait de croire qu’il s’agit d’un refus ou d’une réticence au changement. En effet, les organismes étaient volontaires et ils se sont engagés au départ avec l’idée de trouver dans cette expérimentation de nouvelles ressources, un cadre propice aux échanges, un dispositif intéressant pour leurs publics. Cependant, les axes de réflexion ouverts (pour rappel : référentiel, validation, formation des formateurs) par l’expérimentation ont immédiatement posé problème sur deux plans :

  • sur la réelle marge de manœuvre des expérimentateurs. Chaque axe relevait d’un cadre imprécis et flou. Autrement dit, l’ouverture du débat sur les trois points ne suffisait pas à justifier qu’il soit entamé étant donné l’absence de cadrage ;
  • sur le manque d’appui institutionnel.

Si l’expérimentation comportait sa circulaire publiée au B.O., sa réunion officielle, etc., il aurait été judicieux d’aider les expérimentateurs en facilitant les contacts, en suggérant certaines démarches. Ces deux aspects ont conduit à produire un cadre d’expérimentation complexe, parfois ardu, et finalement peu engageant. L’idée de faire remonter des idées, des initiatives, relevant, d’une certaine manière, d'une démarche de « démocratie ascendante », est riche et pertinente, mais elle ne fonctionne que si elle est nourrie et entretenue.


Le référentiel du B2i Adultes

Le « B2i Adultes » s'ajoute à un arsenal de différents « permis » promus nationalement ou régionalement. Afin de pouvoir positionner cette certification par rapport aux autres offres existentes, Philippe Cazeneuze a produit un comparatif des différents référentiels.


Un référentiel trop imprécis

La mise en place de l'expérimentation du B2i Adultes effectuée au sein de quelques Espaces Publics Numériques volontaires, amène à s'interroger sur la pertinence du référentiel par rapport aux publics qui fréquentent habituellement les EPN et aux pratiques actuelles d'initiation des animateurs. Une première analyse partagée par plusieurs formateurs expérimentés, a établi le constat que le référentiel ne permettait pas dans son état initial d'effectuer de façon opérationnelle la formation de candidats au B2i Adultes. En effet, si de nombreux exemples sont fournis, il n'en reste pas moins que certains items (« nommer les principaux types de réseaux », « naviguer dans l'information disponible », etc.) restent vagues sans information contextuelle. En effet, il pose des objectifs généraux et décrit des compétences d'une façon souvent trop imprécise, laissant une trop grande part à l'interprétation individuelle de chaque certificateur.


Vers des objectifs opérationnels et des critères d'évaluation plus fins

C'est la raison pour laquelle nous avons entrepris de compléter et d'affiner les compétences décrites dans le référentiel, afin de parvenir à une liste d'objectifs opérationnels plus précis. Le groupe, et en particulier Jean-Yves Royer, s'est cependant appliqué à conserver l'esprit du référentiel. Ainsi, c'est dans ce cadre général qu'il a cherché à élaborer une liste de critères de réussite précise pour chacun de ces objectifs à atteindre. De plus, il est important de garder à l'esprit le fait qu'un référentiel n’a rien à voir avec une progression de formation. Il faut adapter la progression aux stagiaires et aux autres objectifs de la formation (c'est-à-dire inscrire l'acquisition des compétences numériques dans une pratique spécifique). Certaines compétences ne semblent pas pertinentes dans le cas des EPN ; soit qu'elles sont trop pointues et dépassent les compétences de base que l'on est en droit d'attendre d'un citoyen dans la Société de l'Information ; soit que leur formulation se rapproche trop d'un savoir scolaire, peu approprié aux conditions de validation des acquis, à travers les usages des outils numériques dans la vie courante. Nous pouvons citer comme exemple l'item « veille informationnelle » qui implique une démarche de repérage des sources, de recueil et de traitement de l'information et surtout son analyse : ainsi, la recherche d'un emploi ou le suivi de résultats sportifs ne relève pas des mêmes enjeux, même si cela peut mobiliser une pratique assimilable à la « veille ». Nous avons donc cherché, chaque fois que possible des reformulations suggérant aux animateurs/formateurs des questionnements « prêts à l'emploi ». Un référentiel correspondant a été discuté et produit collectivement (sur la base du travail approfondi de Jean-Yves Royer). Ce document est consultable sur le wiki.


Créer des parcours de formation

L'enjeu à partir d'un tel référentiel est donc de créer des parcours de formation qui permettent aux stagiaires, personnes formées d'ancrer dans une pratique définie les savoirs et savoir-faire numériques. Il s'agit notamment de rappeler que ce ne sont pas des techniques numériques, mais bien des médias : c'est indispensable, car cela éviterait de cantonner une formation à un « apprendre à cliquer ou à naviguer » et cela permettrait de tendre vers une compréhension de cet environnement médiatique que constitue un ordinateur. Pour faire une comparaison avec la télévision : il ne suffit pas d'apprendre à se servir de la télécommande ou du décodeur, ni de choisir son programme, mais de le comprendre. La formation au « B2i Adultes » pourrait avoir l'ambition de permettre une meilleure appréhension de l'information, une meilleure compréhension d'un environnement médiatique complexe et surchargé et de ne pas être simple consommateur de produit médiatique, mais producteur-participant. Le premier objectif a consisté à évaluer un temps de formation tout en tenant compte de la disponibilité du public d'un EPN. Le second objectif a donc été d'identifier des objectifs opérationnels en rapport avec les différentes compétences présentes dans le référentiel.


La certification

L'enjeu de la certification est primordial pour le groupement étant donné qu'aucun des expérimentateurs n'est un organisme Education Nationale ou un organisme affilié à un organisme Education Nationale. Le groupement a fait le choix d'une démarche régionale : il a semblé préférable d'éviter de multiplier les contacts ou de faire du cas par cas. Cependant, la démarche n'en a pas pour autant été simple. Contact a été pris avec plusieurs acteurs de l'Education Nationale (Conseillers TICE des deux rectorats), réunion organisée au CRDP. Les conclusions de la journée sont les suivantes :

  • un soutien réel au dossier, une marque d'intérêt sur sa réussite de la part de la région comme des acteurs présents ;
  • l'absence d'information au niveau des rectorats par le ministère (excepté l'annonce au B.O.) qui ne favorise pas une prise d'engagement ;
  • La multiplicité des facettes du dossier (formation des animateurs, nature de la relation entre Epn et Education Nationale) qui implique une sorte de doute sur l'étape nécessaire pour avancer ;
  • La possibilité pour les universités qui font passer le C2i aux animateurs de devenir en contre-partie le certificateur par le biais d'une convention.
  • la nécessité de chiffrer le coût de la formation au C2i des animateurs (cf. point suivant) et le refus de la région de prendre en charge la formation au C2i des animateurs. Suite à cette réunion, des lettres ont été transmises à chaque recteur pour l'informer du processus en cours. Cependant, l'annonce d'une certification au niveau national de l'ensemble des dossiers réalisés durant l'expérimentation a permis de privilégier cette solution (facile). Le dossier est à reprendre sur ce point en Région Rhône-Alpes, en espérant que la généralisation du B2i Adultes aura permis au ministère de concevoir un processus plus solide à soumettre aux acteurs des rectorats.


La formation des animateurs

La question de la formation des animateurs se pose dans les EPN depuis la fin des emplois jeunes. Le « B2i Adultes » en faisant assurer aux animateurs un rôle défini dans la généralisation d'une culture numérique pouvait laisser penser que ce point serait abordé. Il renvoie en effet à deux axes :

  • la reconnaissance des compétences et la valorisation d'un métier ;
  • la reconnaissance de la qualification des animateurs par le jury et l'organisme certificateur dans le cadre d'une convention pour le B2i Adultes. Différentes enquêtes ont été menées sur les besoins en formation des animateurs. Trois demandes ressortent principalement :
  • la question statutaire (entrée dans la fonction publique) ;
  • la démarche projet ;
  • la pédagogie.

Ces deux champs de compétences sont sans cesse mobilisés dans le travail des animateurs. Or, si le C2i niveau 1 est souvent évoqué comme une solution, il n'apporte aucune réponse et aucune formation sur deux des points. En effet, le référentiel du C2i niveau 1 renvoie à des compétences avisées (en termes juridiques, documentaires...) et leurs formations permettent l'acquisition de capacités de production numérique dans différentes situations de communication.

Pour avancer sur ces questions, une réunion a été organisée avec le CEPEC, spécialiste de la formation des enseignants du privé, notamment en matière de TICE. Le CEPEC a présenté son projet de C2i Niveau 2 formateur qui correspond à un réel enjeu professionnel pour les animateurs. L'intérêt des formations proposées par le CEPEC est de former en fonction du repérage de situations d'actions. Leurs formateurs ont constitué pour l'instant un référentiel et un premier ensemble de situations, mais souhaitent le compléter en soumettant le dispositif à un focus group. Ils cherchent des potentiels intéressés. Le coût de la formation est de 803 €/stagiaire.

Une veille a aussi été réalisée sur les actions en faveur des animateurs promues par d'autres régions. Les Régions Basse-Normandie et Ile-de-France ont organisé le passage de cette certification pour des groupes d'animateurs (novembre 2008, Février 2009).

Le C2i niveau 1 est une solution facile, mais sans réel enjeu pour les animateurs. Il s'agirait donc de s'engager vers des plans de formation qui permettent de consolider des compétences professionnelles fondamentales et de s'engager dans une réelle reconnaissance de leur rôle dans la société de l'information.


3. Dispositif de formation

Aide au développement de la formation

Les centres expérimentateurs ont cherché principalement à voir comment le B2i Adultes pouvait intégrer des pratiques d'initiation et de formation existantes. En fonction de la personnalité des animateurs et de leur temps disponible sur cette expérimentation, les implications ont été variables. Seuls trois centres expérimentateurs se sont réellement impliqués auprès de publics stagiaires (Hélène Masson dans la Loire, Clyfe Freeman en Isère, Jacqueline Cimaz en Ardèche). La difficulté à savoir comment appréhender le B2i Adultes a été un frein important. Ce manque de définition était complété par une absence d'animation de la liste d'expérimentation. De plus, l'expérimentation devait se réaliser sur les fonds propres des centres expérimentateurs et ce point a conduit à privilégier dans certains centres des actions rémunératrices.

La question du temps de formation est centrale et elle ne se pose pas de la même façon quand on ajoute le B2i Adultes à une formation existante ou quand on propose le B2i Adultes comme seul temps de formation. L'EPN ne vise pas au départ un public que l'on pourrait caractériser de captif à la différence d'une université qui propose le B2i adultes au sein d'un DAEU ou d'un Greta qui inclut l'obtention du B2i dans une formation commerciale. Dès lors, le temps de la formation devient une source d'interrogations. Après un examen approfondi du référentiel et au vu des résultats des trois centres expérimentateurs, on peut définir ce temps à un minimum de 20h de formation en présentiel et 20h de pratiques soutenues dans le lieu de formation, soit un minimum de 40h de formation pour un débutant.

D'autre part, les animateurs se trouvent dépourvus devant la mise en place d'une telle formation. Ils ont, certes, des ressources qu'ils mobilisent dans leur pratique quotidienne, mais ils sont confrontés à la difficulté de devoir les adapter à un nouveau dispositif. Le groupement a donc choisi de constituer une mallette pédagogique qui pourrait permettre aux animateurs de s'appuyer sur un ensemble de ressources orientées vers le même objectif. Les documents regroupés dans la mallette ont été listés, puis chaque expérimentateur soumettait un document à la discussion collective. La mallette n'est pas encore complète, mais elle comporte plusieurs documents qui peuvent déjà permettre aux EPN, à leurs animateurs de s'engager dans une démarche de mise en place du B2i Adultes. La mallette est consultable, emportable et « améliorable » sur le wiki de FormaVia.


Adaptation du programme au profil du public

L'un des points majeurs de discussion sur le B2i Adultes concernait le public destinataire. En accolant le terme « Adultes » à la mention B2i, l'idée était bien de désigner des individus majeurs, sortis du système scolaire ou de formation classique et hors des parcours universitaires. Cependant, si un référentiel ne dit rien d'une formation, il comporte un certain nombre d'indications sur son orientation. Certains items du référentiel placent notamment le B2i Adultes sur un plan extrêmement proche du C2i niveau 1.

Le groupement a donc cherché à identifier des produits des parcours en fonction des publics qu'il recevait. Le B2i Adultes dans les EPN vise à permettre à des personnes sorties du champ professionnel (en rupture d’activité, sans formation ou presque) de renouer vers l’apprentissage et de valoriser des savoirs empiriques. Il ouvrirait la possibilité d'un engagement des individus vers une reprise de formation et permettrait de mettre en confiance des publics parfois « déprofessionnalisés ». Le passage et l’obtention du B2i Adultes coïncideraient alors avec une étape décisive dans l’initiation d’un parcours de formation ou de structuration du projet professionnel.

Voici les publics susceptibles d'être intéressés par le parcours B2i Adultes :

les personnes en réinsertion professionnelle et sociale : Il s'agit principalement des demandeurs d'emploi, des rmistes, en reconversion professionnelle. Le B2i Adultes peut permettre à ces publics de reprendre le goût d'apprendre, de se resocialiser. Il s'agit de leur permettre de reprendre pied par rapport à une situation complexe en leur redonnant confiance. Le passage par un lieu comme les EPN les conduit à s'inscrire dans une nouvelle dynamique. Le parcours correspondant est « Recherche ».

Les publics éloignés culturellement : Cela comprend les demandeurs d'asile, les personnes en cours d'alphabétisation et les personne en situation d'handicap. Le B2i Adultes peut permettre la création de référents culturels, le maintien d'un lien avec le pays. La pratique de la communication informatisée peut permettre à ces populations de mieux gérer leur relation au monde, au déficit social que leur situation peut créer. Aucun parcours n'a été formalisé dans le cadre du B2i Adultes, mais certains EPN ont des expériences dans ce domaine (Cyber-bases de Bron).

Les publics aux «usages familiaux » : Il peut s'agir des retraités qui cherchent à se rapprocher de leurs petits-enfants non seulement par l'usage des médias informatisés, mais encore par l'acquisition d'un certificat de la même famille que celui des petits-enfants. Il s'agit de valoriser la personne âgée et de constituer un socle commun de référents aux grands-parents et aux enfants. Cela permet de densifier le lien intergénérationnel. Le parcours correspondant est « Ticket Net Découverte ».

Les parents pour le suivi de leurs enfants : L'enjeu est de taille pour les parents de comprendre les médias informatisés. Le domicile est souvent un espace dans lequel s'accumulent les différents dispositifs : téléphone portable, console, ordinateur connecté... Mieux connaître le vocabulaire, les usages de leurs enfants, les usages éducatifs (ENT, notamment), tel serait l'ambition d'un parcours « parentalité et internet » encore à construire.

Les publics curieux de nouvelles pratiques culturelles :
Il s’agit d’ancrer le B2i Adultes dans les pratiques de culture et de loisirs. La formation devient un moment de partage et s’appuie sur la communication et la création en devenant susceptibles d’enrichir la vie personnelle, associative et la part la plus gratifiante de leur vie professionnelle. La formation devient un temps fort de réinvestissement culturel et social bénéfique pour tous.


4. Bilan mitigé

Au niveau de l’accompagnement

L’animation s’est heurtée à trois difficultés : en premier lieu, celle d’organiser un travail foisonnant sur le référentiel ; en second lieu, celle de mobiliser des acteurs très sollicités sur leur lieu de travail, ayant peu de moyens ; en troisième lieu, celle de la multiplicité des acteurs, de leurs niveaux, de leurs attentes. La difficulté a été de mobiliser des acteurs pris par leur mission quotidienne. On peut souligner la réelle attente d’un dispositif « clef en main » qui aurait pu être testé, mais la réticence à s’embarquer dans un dispositif « en chantier », « à construire ». Il a aussi été parfois difficile de discuter réellement les documents fournis par les uns et les autres. La crainte de se montrer trop critique a empêché l’émergence de réels débats au sein de l’équipe d’animateurs. Des demandes d'une animation plus directive ont été formulées par plusieurs personnes. Et d'autres ont demandé à ce que l'animation produise davantage de documents, de propositions (parcours, textes d'annonce...).


Dans les centres expérimentateurs

Seuls trois centres ou plutôt trois animateurs ont réellement profité de l'occasion de cette expérimentation pour développer des formations au B2i Adultes. Le cadre de l’expérimentation est propice à une réflexion de fond, à une mise en perspective de l’existant avec de nouvelles formes. Cependant, l’expérimentation du B2i Adultes soulevait plus de questions qu’elle n’apportait de réponses aux EPN. Or, ces structures sont à la recherche de modèles économiques simples et pérennes et ils n’ont pas vus dans le peu de soutien autour de leur démarche les signes d’une amélioration de leur reconnaissance et de leur statut. Ainsi, l’absence de certitude sur la certification finale des personnes a conduit certains animateurs à ne pas annoncer la possibilité d’accès au B2i Adultes, se laissant l’opportunité de rester sur les formations existantes. D’autres n’ont pas souhaité intégrer ce dispositif et ont continué à former leur public sur la base de parcours déjà existants. Les animateurs auraient souhaité être convaincus par le bien-fondé du B2i Adultes, mais leur crainte d’un dispositif supplémentaire inutile, leur suspicion à l’égard d’un dispositif qui leur coûte davantage qui ne leur rapporte ont conduit à un retrait de l’expérimentation. Il faut souligner qu’il a été question de définir le modèle économique du B2i Adultes dans un EPN, mais cette proposition n’a pas abouti.


Les difficultés de développement

Les attentes sont nombreuses dans les centres expérimentateurs sur les conditions de la généralisation. Si les questions de formation des animateurs peuvent êtres traitées parallèlement, cela ne sera pas le premier obstacle à la mise en place du B2i Adultes dans les structures EPN. Le premier obstacle concernera les modalités de certification et les relations proposées entre EPN et centre certificateur. L'enjeu sera clairement de définir un cadre clair et cohérent, respectueux du travail et de l'engagement de chacune des parties.

Le processus de validation, défini lors de la généralisation et à l’attention des acteurs de l’Education Nationale, devra prendre en compte la mise en place de cette relation de confiance avec les Espaces Publics Numériques ou les organismes de formation intéressés par l’intégration du B2i Adultes dans leurs formations. Cela pourra s'appuyer notamment :

  • par une présentation des modalités de formation de l'animateur, ce que nous avons appelé dans la mallette pédagogique, le « carnet de bord » (qui pourrait acquérir un format plus administratif) ;
  • par une présence lors du jury de validation de l'animateur ou de son représentant (la fréquence de ces jurys est à définir, elle pourrait être de deux à trois fois par an septembre-janvier-mai) ;
  • par une réunion annuelle de cadrage de la formation en vue de son aménagement, de son amélioration en présence d'un groupe représentant les EPN (tête de réseau et/ou animateurs) et les représentants de l'Education Nationale.  [[Category:]]

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