Quels partenariats sur les territoires ?

Un article de FormaVia.

Quels partenariats sur les territoires ?

Par Eric Falconetti (FNVPQ – Fédération Nationale des Vidéos de Pays et de Quartier) et Dominique Fleurat (FNVPQ et élue en région Centre)


Thématique : habitons les territoires

→ présentation de travaux sur la TV participative

→ quels partenariats sont envisageables ?

→ comment on peut travailler à l'émergence d'une TV participative ?


Sommaire

Atelier

Introduction

Eléments de contexte et d'enjeux :

→ comprendre le contexte du territoire est important !

→ quels types de collaboration active on peut avoir sur les territoires ?

→ travailler avec les acteurs « institutionnels » : écoles, centres sociaux, collectivités locales à différentes échelles, associations

→ dimensions urbaines et rurales : ces deux pôles ont des caractéristiques différentes


Expertise des territoires

Facteurs géographiques

Constat : l'un des facteurs d'échec naît souvent de la confrontation entre un groupe d'acteurs motivés et dynamiques qui ont envie de faire des sujets, de créer, etc. ..mais manquent de vision globale, et la réalité d'un territoire, dans sa complexité.

En outre, les projets de TV participatives sont souvent portés par des créatifs qui n'ont ni les moyens, ni les compétences, ni tout simplement le goût pour le montage de dossiers et de projets, la gestion courante ou les partenariats.


La réussite de ce type de projets -télévision locale participative- nécessite de tenir compte, en amont, d'un ensemble de facteurs et paramètres locaux :

  • géographie physique et humaine : relations entre acteurs, densité de population, moyens de déplacements et flux, équipements (par exemple centre social, EPN, ...)
  • l'histoire et le contexte politique : la présence de personnalités, de projets, etc. qui peuvent freiner, ou au contraire soutenir les projets...
  • les réalités physiques et identitaires à prendre en compte (tant pour pour les accompagner ou pour aller à l'encontre...)

→ l'objectif est de se mettre en capacité d'associer le maximum d'acteurs sur un territoire


Une différence essentielle avec une télévision « classique » réside dans le fait qu'un journaliste, aussi doué soit-il, n'a pas la même démarche d'être acteur des images : tandis qu'une télévision locale, participative amène une symbiose entre les habitants et le projet.


Le contexte institutionnel

→ les soutiens sont souvent des collectivités locales, mais cela dépend fortement du contexte local

=> comment un projet de TV doit être accompagné ou non

Points communs :

  • La Ville : mène une politique en direction des associations ; cela dépend également de sa politique culturelle, et de sa façon de concevoir sa politique participative
  • L'Agglomération : mène une politique de la ville, et s'occupe d'infrastructures (permettant par exemple la diffusion des images), ainsi que d'équipements d'intérêt communautaire (si cette compétence est inscrite dans sa politique)
  • Le Département et la Région : chacune de ces deux collectivités a ses propres compétences (répartition entre politique sociale, culturelle, de développement, etc.)
  • Pays (territoires de projets) : les projets sont fréquemment menés à l'échelle des pays, souvent soutenus par des politiques régionales.

Ces 3 dernières colectivités disposent généralement de moyens humains pour accompagner les acteurs.

  • Les PNR (Parcs Naturels Régionaux) : ont une tradition de participation de la population et de partenariats, et disposent également de moyens humains pour accompagner les acteurs.


Note : la loi permet depuis quelques années aux collectivités d'être éditeur de télé locale ; de fait, tous les types de canaux (de communication) rentrent maintenant dans le cadre d'une même loi.

Cela permet ainsi aux collectivités de financer des réseaux WiFi / WiMax à des fins de diffusion, et autorise l'édition d'une télé locale.

Il ne s'agit pas alors d'être opérateur "en direct", mais via une structure de type SEM (Société d'Economie Mixte) par exemple.

Cependant ce type de projets ne sont pas intégrés dans les compétences traditionnelles des collectivités, et une sensibilisation des élus et agents territoriaux sur ces thèmes peut être une condition de réussite préalable à toute demande de soutien.


Le rôle de l'Etat est sensible au niveau de l'attribution des fréquences et de l'organisation de la télévision publique.

Celui de l'Europe intervient via le programme LEADER+ (qui se termine), ou d'autres programmes territoriaux ou sectoriels de l'UE.


Quelques exemples de collaborations actives

Marina Trahay - TV Millevaches :

Sur ce plateau du Limousin avec une densité de 10habs/km², TV Millevaches couvre 12 CC (Communautés de Communes) et 3 PNR.

Depuis un peu plus de 20 ans, 250 cassettes sont envoyées tous les mois dans les mairies, commerces, ou directement chez des personnes, puis diffusées via ce réseau humain, de maison à maison (et sans diffusion hertzienne).

Le média Internet n'est pas utilisé pour la diffusion : encore récent, et la population est peu équipée.


Marina DALBERTI (?) - Seine-Saint-Denis (93)

L'objectif est de partir de la vidéo pour initier un débat, et diffuser des informations locales.

Le projet s'est positionné sur les questions sociales et le traitement des urgences : il n'y a pas vraiment de diffusion directe, mais plutôt l'organisation d'événements publics dans des centres culturels, des festivals, des salles de cinéma, etc.

L'association (?) participe également à d'autres événements : ses membres ont par exemple été sollicités lors de l'occupation d'immeubles, pour l'accompagnement de manifestations, ou lors de demandes administratives, à la préfecture.

Le blog est "plus ou moins" actif, et utilisé principalement comme lieu de relais d'informations (ce n'est pas là que sont diffusées les vidéos).

Autre exemple : celui d'un collège qui souhaitait initier un débat entre jeunes sur la violence, en impliquant les parents : l'association a fait quelques vidéos pour les montrer aux parents, afin de les faire venir.

Idée forte → l'utilisation de la vidéo comme vecteur de maillage.


DF : Rapport régional téléchargeable sur la TV participative : sur www.regioncentre.fr → culture → télé participative → téléchargement


Vincent ... (?) - Picardie

Il s'agit d'un projet initié par la Picardie, suite au constat d'absence de télévision commerciale sur la région (malgré les demandes de NRJ...)

→ L'objectif est de faire une télé en partie participative (faite par les habitants), avec une participation privée.

La partie participative correspondrait à 1 heure par semaine, et est conçue comme un outil de développement local, tandis que la région a signé une convention avec la chaîne « Demain » pour une autre partie des programmes.

D'autres collectivités sont associées au projet ; en particulier le département de la Somme et la ville d'Amiens . La structure, encore non définie, prendra probablement la forme d'une SEM.

Le financement est actuellement principalement régional, mais d'autres participations pourraient s'ajouter à ce projet initial, dans le cadre de contrats d'objectifs et de moyens (pour faire la promotion d'un territoire par exemple).


Des collaborations participatives

Projet de TV participative des Eclaireurs de France : une partie importante du projet consiste en de la formation, pour une grande part en amont du projet : formation au projet, à concevoir une TV non pas comme un outil -passif- de communication, mais au contraire d'autonomisation et de prise de parole ; l'objectif premier n'est pas diffuser de la vidéo, mais l'éducation permanente au sein de l'association.


Exemple également de O2zone TV sur Marseille (puis Aix et Salon) : l'essaimage s'est produit en formant les associations aux pratiques participatives.

Il est également souvent pertinent pour une petite association nationale d'implanter des structures participatives locales, qui démultiplient la production et permet à l'association porteuse de concentrer ses efforts sur les partenariats et autres activités qui nécessitent une expertise précise.


Un guide méthodologique pour construire une TV participative devrait être disponible à l'automne (2008).


Conclusion

La dimension territoriale de la télévision participative a un rôle de cohésion sociale, d'éducation à l'image des habitants, et d'ouverture vers d'autres acteurs.


Questions / débat


Quels outils de partenariats ?

- dépend des partenariats

- différents type de partenariats

TV Millevache : soutenu (financier) par le Syndicat intercommunal. Financement stoppé à un moment (période de flottement). Intervention de la Région, en tant que partenaire. Signature d'un convention tripartite (PNR, Région, TV Millevache) : participent aux dispositif

PNR et Région ont reconnu l'utilité de cette mission de lien social et d'animation globale sur le territoire)

Picardie : le financement peut poser problème lorsqu'il s'agit de financer pour commander également partenariats avec l'ANRU (Min. cohésion sociale) – ne correspond pas à des thématiques de TV


Ces projets partent d'une analyse du territoire : combien de temps compter ?

Sur un an, cela représente environ 2 mois de travail, mais il faut compter souvent 1 ou 2 ans avant de tourner les premiers reportages (en fonction de la formation, de la disponibilité des acteurs, des moyens d'accompagnement, etc.). Puis vient la question de savoir "qui porte" ?

Souvent les personnes souhaitent participer à un projet sans l'organiser : mais il y a la nécessité de structurer, de coordonner, etc.


Jean-Yves COCHET (asso. Défis www.defis.info) :

(Association de lutte contre l'illectronisme via l'initiation à l'utilisation du matériel et des usages, récupération et remise en état de matériel, ...)

→ Inquiétudes sur la politique de participation « qui ne se décrète pas », et ses dérives (récupération, lobbies, ...)  ; évoque les dangers de vivre sur de la subvention (modèle pas libre)

→ Importance de l'hybridation des ressources (public - subvention, privé – publicité) et des partenariats, qui permettent d'éviter ces récupérations en impliquant l'ensemble des acteurs dans leur diversité..

→ d'où l'importance d'une charte et de la ligne éditoriale (afin de faire la balance entre demandes des habitants et cohérence éditoriale)


'(acteur WebTV sur internet)': projet soutenu, mais pas eu de pression


'(Picardie)': plusieurs élus d'appartenances différentes se sont succédés à Amiens, mais tous ont compris qu'ils avaient plus à gagner en soutenant le projet qu'en tentant de le contrôler (ce qui serait immédiatement perçu comme de la récupération et décrédibiliserait le projet, et l'élu).


() : Rôle aussi de l'Etat via fond de soutien accordé à la radio associative

() : Manque de conscience des acteurs pour assurer le service public d'information (cf. France3)

Maurice PLOUGASTEL – association d'éducation populaire sur Brest : comment les TIC ne seront facteurs d'exclusion supplémentaire ? (comment toucherr ceux qui ne vont jamais vers les institutionnels)


(FNVQP) : l'objectif de ces nouveaux outils (TV participative = dispositif humain) est justement de s'approprier ces outils (techniques, de vidéo), de les démystifier, de commencer par ce qui est accessible à tous.

Exemple du travail effectué à Marseille dans un centre social pour femmes : vidéos de présentation des personnes du centre.


JYC - Défis :

se définissent comme des MSN = Médiateurs Sociaux du Numérique : récupération de matériel et remise en état, installation avec des logiciels libres, puis les machines sont offertes à des habitants, avec un accompagnent continu : d'abord avec le démontage / montage de l'ordinateur, puis la messagerie, etc.

L'association travaille également avec des bailleurs sociaux pour amener des connexions internet triple play (pour 3€/mois inclus dans les charges)

Evoque « des millions de machines disponibles » (turnover de 3-4 ans des machines en entreprises / grandes organisations)

Dans le cadre de Défis, certains paient leur formation (car l'illectronisme touche largement ceux qui ont les moyens mais n'ont pas bénéficié d'accompagnement (cf. aussi le cas du téléphone portable)), tandis que d'autres en bénéficient à titre gratuit.


() : Une télévision participative nécessite aussi des compétences en développement social et territorial.

La télévision est, dans ce cadre, un outil, et pas un objectif en soi.


'Jean-François GAFFARD – wikimédia France et animation du wiki de Brest':

La télévision n'est-elle pas un support difficile à s'approprier ?

→ Plusieurs TV locales participatives constatent au contraire que les enfants / jeunes ont plus de facilité dans l'appropriation de l'image / vidéo que de l'écrit


(?), CG Côtes d'Armor (en tant que collectivité) :

A défaut de compétence spécifique, la collectivité connaît des difficultés de positionnement quand un dossier arrive devant les élus : il est difficile de savoir « à quoi racrocher ça ? », à la culture, au social, au numérique...

Une difficulté égale du point de vue des porteurs de projets pour « rentrer dans les clous de la réglementation ».

Evoque la question de la maturation et de l'appropriation de ce projet par la collectivité, du délai nécessaire pour le comprendre et se l'approprier.


DF : Mettre en avant et faire partager l'intérêt pour les collectivités de s'approprier cet outil pas seulement comme outil de communication institutionnelle, mais comme outil démocratique Difficulté de la transversalité dans les collectivités. « apprendre à penser global » pour les acteurs des collectivités


JYC : Opportunité auprès des Fondations, mais c'est aussi un travail à temps complet


Christophe (?), TV brestoise : diffuse un peu sur TV Breizh et sur télé locale travaille avec des jeunes difficulté avec 1 seul mi-temps / manque de moyens


EF : Manque de pérennisation des projets et des structures qui les portent : une subvention est allouée quelques années, mais les licenciements sont fréquents à l'issue de ces subventions...


DF : Certaines associations existent depuis longtemps, avec « des valeurs, des idées, des modes de faire » qui ont développé une expertise, et contribué au développement d'un contexte favorable à ce type de projets (démocratie, expression,...)


Marina D. : Fond de soutien ?


EF : Modèle (basé sur la publicité) qui vole en éclat avec les évolutions du service de télévision publique. La logique de l'Etat n'est pas celle défendue par la FNDVQP : exemple de la suppression de la pub en janvier (au lieu de septembre) car moins cher pour les chaînes privées, dans la mesure où l'Europe aura voté une deuxième coupure de pub entretemps.


DF : Logique de formatage de grille (pour optimiser l'efficacité de la publicité), qui va s'appliquer aux télévisions locales.


EF : Accapration du bien public (les fréquences hertziennes) par la publicité.



Sites évoqués lors de l'atelier

Rapport téléchargeable : http://www.regioncentre.fr → culture → télé participative → téléchargement

http://www.defis.info

http://www.vdpq.org



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