Pratiques collaboratives et logiciels libres en France et Asie du Sud
Un article de FormaVia.
Compte-rendu de la présentation
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Sommaire |
Présentation
Usages du WiFi
On constate une émergence d'îlots d'usage, dans des démarches marchandes comme associatives, avec une forte diversité de pratiques :
- à Hongkong, vitrine économique de la Chine, le wifi est gratuit partout
- à Bangkok (Thaïlande) les points d'accès sont fréquemment associés à des salons de massage sur un modèle commercial
Les wikis
Les wikis étaient des outils relativement méconnus hors de certaines grandes entreprises et centres de recherche. Ses usages étaient souvent cantonnés à la sphère professionnelle, et les utilisateurs n'en voyaient pas l'intérêt hors de ces pratiques.
L'année 2004 voit les wikis devenir plus grand public, en parallèle du succès grandissant de wikipédia.
Ses utilisateurs en ont des usages très divers, de la découverte à l'utilisation active et extensive.
Les facteurs d'adoption sont souvent liés à un « déclencheur » : ainsi un entrepreneur qui l'adopte et devient prestataire dans ce secteur, la rapidité des mises à jour ayant joué un rôle de révélateur. Leur arrivée commence dans les secteurs de la recherche et de l'éducation est encore récente.
Logiciels libres
en France, au Québec et en Asie (principalement Hongkong et Bangkok)
L'observation montre des usages et des enjeux identiques dans les différents pays
Portraits de pratiques collaboratives avec « du libre »
(l'expression « libre » désigne ici les Logiciels Libres, également abrégés en LL)
Souvent l'absence ou le départ d'un porteur de projet peut faire chuter un projet, aussi intéressant soit-il, avec pour corollaire la disparition, ou du moins l'enfouissement de la mémoire de ce projet ; ce qui rend la recherche d'autant plus difficile.
Au Québec, pays économiquement libéral, les LL sont nettement moins légitimes qu'en France dans l'image qu'en ont la population
Corse
intérêt des LL pour la rapidité : leur utilisation (qui ne nécessite pas de fastidieuses tâches de défragmentation, réinstallation de drivers, efforts pour rendre compatibles différentes versions de documents, etc.) permet de consacrer l'essentiel du temps passé sur la construction du programme pédagogique plutôt que sur le choix et la maintenance des outils.
GUL (Groupe d'Utilisateurs Linux)
ou LUG (Linux User Group) en anglais
Quasiment tous ces groupes sont apparus presque simultanément aux alentours des années 1990, dans le monde entier.
Leur pérennité dépend fortement de la rotation du CA (Conseil d'Administration) des associations, ainsi que de la diversité de leur membres.
Exemples :
- de l'association WiFi Rennes, qui a périclité faute de renouvellement.
- de l'association Gulliver (qui fonctionne bien) qui a su se renouveler et diversifier ses membres
- ou encore de l'association Actux, qui a insufflé une dynamique autour de son local, lmieu de rencontre physique, et mène des actions d'information.
- de l'université de Rennes 1, qui développe de nombreuses pratiques dont des ateliers d'initiation, et distribue des clef USB avec OpenOffice (souvent abrégé en OOo pour OpenOffice.org) et des liveCD (bureau libre FreeOS) aux étudiants. Le risque pour une telle association (qui fonctionne bien) étant de réussir à se renouveler dans un contexte universitaire qui induit une forte rotation des personnes).
- d'un CRIJ qui ne propose que des postes Mandrake et Ubuntu (deux distributions linux)
Les Rencontres Mondiales du Logiciel Libre
Cet événement créé à Bordeaux en 2000 a rassemblé près de 3000 personnes en 2007, et est organisé chaque année dans une ville différente.
Il implique élus et GUL, et est resté depuis l'origine hors de la sphère marchande. Les associations sont ainsi invitées, tandis qu'au Québec elles sont généralement tout juste considérées comme des expérimentateurs, et paient leur participation au prix fort (quelques centaines de dollars pour un événement).
Les GUL en Asie
Eléments de contexte : difficultés d'utiliser des matériels électronique lorsque l'humidité avoisine les 100% et que les appareils électroniques refusent de s'éteindre...
Singapour et la Corée du Sud font office de vecteur d'innovation.
Hongkong (Chine)
On trouve à Hongkong des « piles de CD Windows » à vil prix (piratés), qui jouent fortement en défaveur de l'appropriation des LL, d'autant que cela advient dans un contexte de consommation de masse.
La présence de la censure, avec un accès très réglementé, ne facilite pas non plus cette appropriation, d'autant que ses « règles » sont obscures et apparaissent totalement aléatoires aux usagers.
Il a ainsi fallu attendre 1997 pour voir apparaître le premier GUL, alors que le projet existait officieusement depuis 1990.
Sur le plan des usages, le Musée des Sciences propose une approche très concrète et participative dans l'initiation aux usages, qui n'inhibe pas les « visiteurs » (de fait plutôt « participants ») : l'injonction se présente sous la forme « faites-le » plutôt que « vous avez le droit de... » de nombreux musées français.
Bangkok (Thaïlande)
Contexte : la ville ne connaît pas sa taille (6 millions d'habitants ? Ou 12 millions...?). Le pays (comme les pays limitrophes) abrite une importante communauté chinoise, ce qui explique la présence de nombreux Lenovo (fabricant chinois d'ordinateurs portables). Sur le plan des langues, on recense en Thaïlande près de 1200 dialectes.
L'une des premières problématiques est de s'attaquer à la traduction des applications 'de base' dans la langue locale, à commencer par Firefox.
Suite à l'organisation d'un premier Barcamp en 2007, avec la présence de participants étrangers pour expliquer le fonctionnement de ce type de rencontres, le premier BarCamp local a lieu en 2008.
On n'y trouve pas vraiment de salles d'accès à internet, la majorité des salles étant consacrées aux jeux vidéos (sans accompagnement ni formation aux autres usages d'internet), ou sont des salons de massages qui offrent un accès à la messagerie électronique.
Thaïlande
L'internet est nié par le gouvernement, très contrôlé, et perçu avant tout comme un outil de contrôle hiérarchique, et certainement pas d'évolution sociale. On y constate un fort succès des blogs.
Le marché regorge de copies et de contrefaçons, souvent de mauvaise qualité (le matériel tombe très rapidement en panne du fait d'assemblage de composants de mauvaise qualité qui créent des surchauffes).
On trouve plus de copies de Linux qu'en France (préinstallées sur des ordinateurs neufs).
L'approche d'Internet est vécu dans une logique de consommation, ludique plutôt que cognitive. Ses représentations sont statiques et étatiques.
Associations rennaises
- le BUG : réseaux sociaux et agrégateurs locaux
- Breizhtux : organise les Rencontres Bretonnes du Logiciel Libre
- HackSpace : rencontres entre passionnés du libre
Enjeux actuels
- Firefox, avec le succès de la version 3 (8 millions de téléchargements le premier jour)
- « les 10 prochains millions d'utilisateurs n'auront pas de barbe » : l'arrivée d'utilisateurs jeunes, peu ou pas formés
- le EeePC, considéré parfois comme le « chaînon manquant » : léger, économe et économique
- le « paquet Télécom » : généralisation des DRM (Digital Rights Management – gestion et contrôle des droits (d'auteur) numériques) et important danger d'aseptisation d'internet.
Echanges / débat
→ Initiatives et personnes : le risque d'essoufflement des projets, généralement portés par une personne
→ l'absence de soutien politique : le cas de l'Amérique du Nord, qui a les plus petits GUL au monde, mais qui disposent d'une forte visibilité, du fait de leur situation marginalisée (cf. « libre » = « communiste », donc extrêmement mal vu, aux USA en particulier).
→ Parallèlement, ces GUL sont à la pointe au niveau juridique, dans ce pays qui connaît une carence du droit public.
→ Par ailleurs, l'utilisation d'outils numériques pour communiquer ne pose pas de difficulté particulière, là où l'Europe 'latine' a des « complexes » à médiatiser (au sens strict « passer par un intermédiaire ») les relations humaines.
→ Dangers du positionnement et de la stratégie de Microsoft, qui offre gratuitement logiciels et formations aux écoles et administrations en particulier, tout en faisant payer très cher ses logiciels aux utilisateurs individuels ; ce qui crée une dépendance des nouveaux utilisateurs vis-à-vis des outils de la firme.
Ainsi l'ANPE propose des offres d'emploi qui demandent des compétences « Excel® » ou « Word® » alors qu'il s'agit en réalité d'utiliser un traitement de texte et un tableur (termes génériques, et non le produit d'une marque commerciale – cf. à titre d'analogie la distinction Frigidaire®/réfrigérateur).
→ Le « cheval de Troie » des logiciels libres (avec OOo, Firefox, etc.), qui 'infiltrent' les environnements Windows® de l'intérieur : les utilisateurs peuvent utiliser les mêmes logiciels sans se soucier de l'environnement, car ce sont les mêmes avec MacOS® ou Linux.
Autres ressources / concepts / événements évoqués lors de la présentation et du débat
- vidéo « Truth happens »
- wiki de l'université de Rennes
- le site des Trophées du libre : ressources et logiciels libres
- les Rencontres Mondiales du logiciel libre (environ 200 conférences)
- le bureau libre FreeOS
- les travaux de Janina Sajka sur l'accessibilité et le handicap
- la FFII (Chapitre français de la Fondation pour une infrastructure informationelle libre), qui représente la France auprès de l'Europe sur les thématiques des logiciels libres
- les mémentos des éditions Eyrolles
- Michel Bauwens (Belge, installé en Thaïlande), fondateur de la P2P Foundation (P2P = peer-to-peer = de pair à pair) et le concept d'Open Business Model
- le 2600 : une fréquence radio non utilisée, qui a donné son nom à des rencontres de passionnés de technologies
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