Parcours individuels et construction collective/Atelier du matin
Un article de FormaVia.
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Correspondant : http://sites.google.com/site/christinevaufrey/
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Atelier A1 "Quels éléments d'accélération des processus apportés par les TIC ? "
Cet atelier a été animé par Christine VAUFREY (THOT) en salle 2 à 10h15.
Synthèse de l'atelier
Les participants ont mis en évidence leurs très nombreuses interrogations concernant l’utilisation des TIC dans les processus de formation et notamment l’individualisation de la formation.
Comment apprendre ? Quel est l’apport des TIC et le rôle du formateur ?
Les problèmes rencontrés concernent à la fois les formateurs, les TIC, le public et les difficultés variés, la pédagogie, les aspects institutionnels.
A partir de ces interrogations et constats, plusieurs pistes de préconisations ont été évoquées:
Il faut repenser la pédagogie (évolution du métier de la formation vers l’accompagnement du stagiaire, question des 2 grandes catégories de publics : digital native et migrants, comment utiliser le contenu avec les TIC, quels sont les moyens de l’individualisation), la formation aux TIC (il faut distinguer apprendre les TIC qui est une formation à part entière et apprendre avec les TIC dont les modalités doivent être définies), la formation des formateurs (résistances).
Il faut donc mettre en place des processus de formation des formateurs (mais non obligatoire) et dire comment organiser le contenu de formation avec les TIC pour donner envie d’apprendre mais tout en laissant libres les apprenants.
En effet, il est nécessaire de :
- renforcer l’autonomie des apprenants (cela ne relève pas des TIC) en les laissant avoir une démarche expérimentale pour apprendre à apprendre,
- lier davantage l’apprentissage à la pratique,
- permettre l’obtention de certifications à l’usage des TIC mais dans un temps non figé,
- avoir les moyens de l’individualisation et du tutorat,
- développer le collaboratif à tous les niveaux,
- ne pas réinventer la roue (par ex. les APP qui risquent de disparaître).
Podcast
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Christine Vaufrey : Nous rapportons à deux.
Kévin Rémy : Bien, dans notre workshop, il y a deux parties que nous avons dégagées. Une première parce que ça nous a sauté aux yeux et aux oreilles parce qu'il y avait nombre important d'interrogations par rapport à l'utilisation des TIC dans les processus de formation et notamment au niveau de l'individualisation.
Kévin Rémy : La première interrogation était, concernait les différents publics auxquels on peut-être confronté en formation, et on a ajouté entre parenthèses leur coût et leur maîtrise des TIC, comme on disait ce matin, entre la séparation qu'il y a entre les « digital migrants » et les « digital natives », dont nous faisons un peu plus partie, nous les formateurs, cette différence de public et on a notamment évoqué les problèmes qu'on pouvait éventuellement rencontrer, avec des publics dits « de bas niveau » avec le discours suivant qui est qu'on ne peut pas augmenter l'appétence, l'appétit de ces apprenants-là en utilisant uniquement les TIC, que ça ne changeait pas forcément les choses. Donc il y a eu confrontation entre divers intervenants qui pour certains allaient dans ce sens et pour d'autres qui avec un retour d'expérience disaient non, des apprenants de faible niveau peuvent très bien s'en sortir, avec un exemple qu'on reprendra sur un étudiant doctorant qui ne sait pas forcément lui, au niveau de l'utilisation de l'outil, ne sait pas se débrouiller et que des apprenants de faible niveau y arriveront mieux.
On a aussi discuté au niveau de la maîtrise des formateurs et surtout au niveau des changements dans le métier de formateur, et qui pouvaient impliquer ces nouvelles technologies. Des résistances souvent, car on est peu ou pas formé, et donc des résistances à se lancer, utiliser l'outil, on est aussi arrivé sur la fin sur le fait que peut-être il y avait des processus de formation des formateurs à mettre en place, mais que aussi on ne devait pas forcément se borner ou obliger les autres, les formateurs réticents, à aller vers l'utilisation de ces outils. Tout comme c'est valable pour le public.
Des interrogations aussi pour savoir comment on pouvait organiser les contenus quand on utilise les TIC en formation, est ce que on va reprendre son cours magistral comme on faisait à l'ancienne et qu'on va le plaquer sur internet. Comment on organise les choses pour toujours aussi impulser de l'envie auprès de l'apprenant.
Quels contenus sont pertinents du coup, on avait l'exemple d'un personne qui disait « il y a énormément de contenu, beaucoup de jeunes utilisent Internet et vont vers des sites où ils ont des vidéos etc. » et que quand nous formateurs on essaye de mettre en place des dispositifs de formation avec les TIC au final on a souvent des choses un peu statiques et qui pas forcément ressemblent à ce qu'ils peuvent consulter en temps normal. Ça ne plaira pas à Christophe Batier, parce que, pour notre part, à l'ADEA, avec la plateforme de formation qu'on utilise, on arrive à se rapprocher de ces fonctionnements-là : wiki, vidéos en ligne etc.
Aussi, par rapport à cette question, on se demandait, le risque n'est il pas de trop guider les apprenants et d'arriver à ce qu'ils arrivent aux sources qu'on aura sélectionnées du coup, sans avoir de démarche active dans l'apprentissage, et à trouver leurs propres sources à eux.
Et ensuite, une dernière interrogation : apprendre les TIC ou apprendre avec les TIC ? Donc là, on s'aperçoit que finalement les TIC peuvent devenir eux-même une matière à part entière vu qu’ils ne pas encore maîtrisés par tout le monde, public et formateurs. Donc il y a l'apprentissage des TIC et ensuite la problématique pour pouvoir les utiliser dans le processus d'apprentissage.
Christine Vaufrey : Alors après, sur la base de ces interrogations en deuxième partie on a fait, on a émis, un certain nombre de constats, on a beaucoup débattu autour de la notion "d'apprendre à apprendre" avec le constat que les compétences de base qui permettent de s’orienter, de trouver sa voie, de trouver son parcours de façon autonome, ne relèvent pas du tout des TIC mais plutôt d’une démarche expérimentale qui a tendance à disparaître dans les enseignements initiaux et donc est-ce qu’il ne faudrait pas renforcer cet aspect-là qui du coup permettrait aux apprenants d’être beaucoup plus en autonomie.
Deuxième constat, il est impératif de lier l’apprentissage à la pratique, tout ce qu’on a vu comme exemples de bonnes pratiques liait une phase d’utilisation des TIC et d’apprentissage en autonomie grâce aux outils numériques avec de l’expérimentation en situation réelle. c’est-à-dire que les TIC ne sont pas une petite bulle coupée de la vie mais il doit bien y avoir des aller et retour entre l’expérimentation de la personne en situation d’apprentissage à ce moment-là et la formalisation au travers des TIC.
On a constaté aussi le danger des certifications, certes intéressantes pour attester d’un niveau, mais qui peuvent vite devenir un objectif en soi, et non pas la conclusion d’un parcours. Et là on a beaucoup insisté sur la notion de temps, qui dit parcours dit déplacement dans l’espace et dans le temps et sur le coté extrêmement contraignant des parcours en temps limité et surtout le même temps pour tout le monde et les histoires d’unités capitalisables valables plusieurs années etc, qui n’empêchent pas l’obtention de diplôme ou l’exercice de métiers, pourraient être là reprises dans tout ce qui est certifications à l’usage des TIC.
Enfin, on a travaillé sur les moyens de l’individualisation, avec une forte majorité de praticiens dans la salle, on a constaté que nous avions peu de moyens pour individualiser nos formations, la possibilité éventuellement d’ajouter un ou deux modules à l’option, mais très peu de temps à consacrer au tutorat, par exemple, mais malgré tout des parcours extrêmement linéaires, on donne peu la main aux apprenants, ce qui nous semble un gros défaut. On en a parlé ici avec quelqu’un qui travaille à la région donc c’était intéressant, parce qu’on est à peu près tous peu ou prou financés par la Région.
La nécessité impérative du travail collaboratif à tous les niveaux, c’est-à-dire autant les apprenants que les formateurs, mais aussi tous les acteurs de la formation.
Et plusieurs participants ont mis l’accent sur l’intérêt des communautés FormaVia, qui justement permettent de se rencontrer entre personnes, qui ne sont pas les mêmes, mais qui ont un intérêt commun en dépit de postes différents.
Et enfin, c’est un truisme, mais la nécessité de ne pas réinventer la roue, c’est-à-dire qu’il existe des dispositifs de personnalisation, d’individualisation extrêmement performants, on a notamment cité le cas des APP, ateliers pédagogiques personnalisés, qui sont en grand danger de disparition, aujourd’hui en France, par manque de financement, alors que depuis trente ans qu’ils existent, ce sont des exemples parfaits de parcours individuels et de renforcement de l’autonomie de l’apprenant. Donc pourquoi vouloir réinventer quelques chose ou s’interroger sur quelque chose qui existe déjà. Voilà l’état de nos cogitations pendant cette heure.
Tour de table
• Participants :
formateurs, tuteurs, animateurs, accompagnants stagiaires et formateurs de centres ou instituts de formation, organismes publics et privés, concepteurs, développeurs, politiques publiques
• Public :
insertion, réinsertion, orientation, formation universitaire, formation professionnelle, formation continue
Préoccupations :
intérêts et utilisations des TIC, adaptation par rapport aux publics, aux compétences (référentiel), modalités du tutorat à distance comment individualiser, conciliation nombre/individualisation, comment développer les compétences de l’apprenant, la certification (CII : certificat informatique et internet) et nécessité de compétences minimales requises, défaut d’appétence et mobilisation des apprenants
Comment apprendre ? Quel est l’apport des TIC et le rôle du formateur ?
Problèmes rencontrés
• Les formateurs
Résistance des formateurs au changement (remise en question, perte de travail, inadaptation de « leur » public …) d’où la mise en place de formation des formateurs.
On va de la posture de transmission de savoir vers un accompagnement de l’apprenant par le formateur.
• Les TIC
La maîtrise des TIC est un incontournable pour l’accès à l’emploi
Attractivité des outils en ligne
Nécessité d’une stratégie de recherche, de mise en œuvre d’un projet construit par étape (idée, maquette…) Préalable nécessaire de maîtrise des stratégies pour une utilisation optimale, efficace des TIC quel que soit le niveau de l’apprenant (Méthodologie de la recherche)
Quelle place des TIC ? Clarifier le rôle que l’on veut lui faire jouer
Stigmatisation par l’appartenance ou pas au monde des TIC à mettre en lien avec la notion d’injonction.
• Le public et difficultés variées
Ecart < 26 ans : appétence, savoir faire avec l’outil mais pour quoi faire ? / > 55ans : difficulté vis-à-vis de l’outil
Les jeunes auraient un savoir faire, à priori à vérifier ? On se fait des idées
La difficulté serait l’intérêt de la démarche vers les TIC, un à priori négatif sur leurs compétences, un renoncement à faire un choix de parcours.
Pour une meilleure participation des apprenants, il faudrait réfléchir à une discussion sur les besoins, l’usage, les modalités d’utilisation et enfin une contractualisation des prestations fournis.
• La pédagogie
La référence à la situation vécue dans les métiers : apprendre en faisant et non apprendre pour apprendre.
Il faut d’abord passer par du faire avec la nécessité d’un retour des apprenants.
Préalable :
- Identifier les situations de l’apprenant en situation professionnelle (situation d’usage) et ensuite construire un parcours en fonction des situations qu’il s’agit de maîtriser. Partant de là, il faut mettre en place les ressources permettant d’acquérir ces compétences nécessaires mises en formes dans un parcours. Croiser enfin les choix du formateur et des apprenants.
- Nécessité d’aller à la source du savoir-faire : savoir s’exprimer par le biais de l’ordinateur
Difficulté des injonctions posées par les référentiels, les certifications. Il faudrait une concertation avec les interlocuteurs de tutelle pour une cohérence entre les injonctions : paradoxe entre individualisation et logique de coût.
Les contenus sont parfois rébarbatifs et il faudrait mettre des ressources attractives grâce aux TIC. Les modalités pédagogiques doivent permettre d’adapter les contenus au public rencontré (difficultés, besoins…).
La réflexion est à faire entre le présentiel et la FOAD dans l’approche pédagogique.
Il serait intéressant de partir des compétences des apprenants plutôt que d’imaginer des stratégies et des modalités d’apprentissage à leur place.
• Aspects institutionnels
L’évaluation doit être intelligente au lieu de border contenus et contrôle. Enjeu d’un lâcher prise, prise de risque pensable ou insurmontable en raison des tutelles financières (région).
Développement du travail collaboratif dans les communauté de pratique, partenariats pour répondre à des appels d’offre (formavia, apprendre 2.0, communauté office.org,…)
L’aboutissement vers un projet nécessite des étapes de réalisation
Remarques liminaires
- Réticences des formateurs et mise en insécurité par rapport à un cours qui est sécurisant. Il faut renforcer l’identité du formateur par l’accroissement de ses compétences par l’apprentissage et la pratique de mise en situation. Aller expérimenter pour garder le lien avec la pratique.
- Effet pervers de caractère obligatoire pour les formateurs et les apprenants.
- Les communautés doivent s’ouvrir sur l’extérieur et trouver les sources et ressources.
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