Panorama des Arts Numériques en Europe

Un article de FormaVia.

par Dominique MOULON

(cette conférence plénière présente une série d'œuvres numériques)


Sommaire

Citysonics (Mons, Belgique)

→ Art sonore

Cléo Coudsi et ...

L'oeuvre, qui s'étale sur 15 mètres de long, est composée d'un circuit fabriqué à partir de fragments de disques vinyls assemblés, sur lequel évoluent deux petits camions munis d'un saphir et d'un haut-parleur, qui font office de 'tête de lecture' modile. Le son produit par ces assemblages aléatoires de « breaks » (courts extraits de musique qui servent à mixer) se déplace avec les camions.


Jens Brand : We play the World (Issy-les-Moulineaux)

→ Art sonore : « The earth is a disc » (G-Player)

L'artiste récupère en temps réel les positionnements des satellites, les représente sur une Terre modélisée en 3D, et les utilise comme saphirs. Les montagnes génèrent certains sons, les vallées d'autres, et le plat du silence : le mouvement réel des satellites autour de la Terre est ainsi représenté de manière sonore.


Manchester, festival Futursonic

l'oeuvre est réalisée dans le cadre de la thématique du festival sur les réseaux sociaux « débranchés » : « social networking unplugged » → « faisons chacun un myspace, avec une boîte, mais sans rien de numérique » ; les boîtes en carton sont données aux participants (visiteurs) qui agencent divers éléments pour créer une oeuvre originale. Ces œuvres sont ensuite exposées dans le bar du festival sous la forme d'un 'mur de briques' formé de ces petites boîtes.

Dans cette même démarche 'les réseaux sociaux servent à se « faire des amis »', il existe par exemple des t-shirts qui représentent plusieurs réseaux sociaux : le propriétaire coche les cases pour signaler son appartenance à tel ou tel réseau 'hors -web', et éventuellement retrouver des personnes qui partagent certains centres d'intérêt dans la rue.


De nombreux artistes s'intéressent à cet aspect « low-tech » (sans technologie), qui connaît un regain d'intérêt.


Wim Delvoye au FACT, à Liverpool (ville européenne de la culture cette année)

Note : le FACT (voir site) est aussi un cinéma.

L'artiste, qui s'intéresse au rapport entre art et technologie, produit des pièces qui nécessitent des outils technologiques, mais ces outils sont peu visibles dans les œuvres produites.

L'oeuvre présentée interroge sur ce qu'est le beau, en présentant sur une musique douce et agréable un 'paysage' difficile à identifier. Couleur chair et habité de formes de vie étranges, celui-ci se révèle peu à peu être une peau filmée de très près...


Autre exemple de ce type de démarche : Stellart (?), artiste qui s'est qui s'est fait implanter une oreille (biologique) dans le bras, avec des puces électroniques pour capter et diffuser du son (via les ondes radio et un haut-parleur intégré). Les éléments électroniques ont toutefois dû être enlevés suite à un rejet, mais l'oreille est toujours implantée au milieu du bras de l'artiste...


Ryota Kuwakubo au Navy Festival (Newcastle)

L'exposition « broadcast yourself » porte le nom de la baseline de Youtube (« diffusez-vous »).

L'artiste avait créé un dispositif dans deux villes (Singapour et une ville des Etats-Unis), à travers duquel les passants pouvaient échanger entre les deux villes. Le dispositif, exposé en ville sans explication, ne signalait pas qu'il s'agissait d'un dispositif artistique.

L'oeuvre présentée à Newcastle consiste en 4 appareils, connectés à une radio locale, qui filtrent les voyelles et ne restituent que les consonnes. Elle interroge sur le langage.


Festival Transmedial à Berlin (février 2008)


L'œuvre est une horloge digitale de plus de 2 mètres de hauteur, en madriers de bois, animée par une équipe de 70 personnes. L'heure est mise à l'heure en temps réel, chaque minute, et la taille des poutres nécessite jusqu'à 7 personnes par caractère (les changements d'heure nécessitent d'aller très vite !).


Vincent Elka (Fr) au International Film Festival de Rotterdam

Cet important festival est dédié aux réalisateurs émergents, et mène une réflexion sur les autres cinémas.



La pièce « Shout » (« crier ») met en scène un pupitre avec micro, et, au fond de la pièce, une jeune femme sur un écran. Dans le silence elle ne s'anime pas, et réagit lorsque les visiteurs lui parlent. Plus les visiteurs parlent fort, voire crient, plus elle s'anime et s'exprime avec des mimiques, tandis que des formes s'animent autour d'elle.

L'oeuvre intrigue et interroge les visiteurs, en particulier sur la thématique de la torture. Son 'mode d'emploi' n'est affiché nulle part, et le titre induit en erreur, puisque la jeune femme réagit aussi à une voix douce...


Ramy Achitov au festival Martin Gropus-bau(?) – exposition « de l'étincelle au pixel », 1997

L'oeuvre est une 'vague temporelle vidéo' : une sorte de fenêtre qui avance de gauche à droite et 'fige', 'laisse des traces', des bouts d'images derrière son passage. Elle est contrôlée par les visiteurs qui peuvent déplacer la fenêtre et interagir avec l'image produite.


Walter Verdin : Title safe – Belgique, festival Cimatics

L'artiste a demandé à des vidéastes de lui envoyer des « vidéos à 125 BPM » (soit 125 Battements Par Minute – mesure du rythme en musique, particulièrement utile pour mixer). Chaque artiste a proposé sa réponse : par exemple Sophie NYS (musicienne) a décidé de fumer une cigarette à ce rythme-là (avec un métronome pour donner le rythme, qu'elle marque de la tête).

Dans un deuxième temps, des musiciens ont joué sur ces vidéos en temps réel, lors d'une performance (sur scène), puis l'artiste a 'augmenté' les vidéos résultantes. Présentée sur 3 DVD, l'oeuvre propose des versions originales et remixées de ces vidéos musicales.


Eva & Franco Mattes – Ars electronica (thématique « goodbye privacy » : « au revoir vie privée »)


Le couple d'artistes recrée des performances d'autres artistes dans Second Life : l'oeuvre présentée reproduit ainsi une performance originelle de 1977, où les visiteurs doivent passer par une porte où se tiennent un homme et une femme entièrement nus pour accéder (et donc les frôler) : l'observation du comportement des visiteurs (sur Second Life) montre que certains visiteurs passent (dans un sens ou l'autre), ou hésitent (et font éventuellement demi-tour), tentent de passer par-dessus (une possibilité envisageable dans ce monde virtuel), ou encore 'trichent' en « s'habillant » en nu, etc.


calling the glacier

L'oeuvre consiste à «  placer des micros sur la planète » et propose d'écouter à distance et en temps réel ces flux audio.

Concrètement, il s'agit de d'appeler un numéro de téléphone, qui donne accès une petite explication puis permet d'écouter le « flux audio du glacier » (en l'occurrence, courant juillet, il s'agit du son d'un torrent).



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