Nouveaux modèles

Un article de FormaVia.

Sommaire

Partenariats et modèles économiques


« Les stagiaires ne veulent plus le paperboard à feutre usagé… et méprisent nos jolis centres formation… » lance matois un formateur à son directeur ! Interloqué, il le questionne..... C'est ainsi que deux clowns "pas drôle" plantent le décor d'une transformation radicale des organisations. 


Les TIC bouleversent la manière d’apprendre, de se former mais également la façon de transmettre un savoir et de l’enseigner.


Primo, l’apprenant, le formateur, les organismes de formation… tous doivent être « outillés » pour accéder et/ou offrir un savoir en ligne. Cet « outillage » recouvre non seulement la notion de compétence et de culture numérique mais également d’équipement informatique des personnes et des organismes, sans parler de son accessibilité pour les PMR.


Secondo, les formateurs doivent adapter leur contenu ainsi que leur approche pédagogique pour des apprenants qu’il faut suivre par moment de façon virtuelle et qui demandent de plus en plus d’interactivité et de connexion avec la réalité du terrain.


Tertio, les organismes de formation doivent à leur tour s’organiser, travailler encore plus ensemble pour accompagner et faciliter ces pratiques qui associent virtuel et présentiel aussi bien dans ses aspects formels qu'informels.


Partant du constat que la dématérialisation de la formation bouleverse la relation : enseignant/apprenant, contenu/support, réel/virtuel … si de nouveaux enjeux s’imposent, pour autant de nouvelles perspectives d’actions s’ouvrent.


Interconnecter la formation aux réalités locales et aux pratiques

Il est ressorti à plusieurs reprises lors de la rencontre le besoin d’avoir plus d’interaction avec la réalité de terrain. Cette prise en compte du local est mentionnée sous trois aspects.

Tout d’abord, l’importance de dispenser des formations plus ancrées avec la réalité locale : « est ce que les formateurs ne devraient pas aller en entreprise une fois de temps en temps pour se reconnecter à la réalité du chef d’entreprise ou du salarié ? » rapportera François Duport d'Holis-TIC pour l’atelier « Formation et Emploi durable ? ». Ensuite, il s’agit également d’intégrer dans les formations une dimension pratique. Christine Vaufrey rédactrice en chef de Thot rapportait pour l’atelier « parcours individuel et construction collective » la nécessité de « lier l’apprentissage à la pratique […], les bonnes pratiques lient une phase d’apprentissage des TIC avec l’expérimentation en situation réelle ».

Enfin, il convient de prendre en compte la situation de vie des individus, pour répondre à ses besoins tout en respectant ses pratiques. Stéphane Vincent de la 27eme région mentionnait dans le cadre de l’atelier « Territoires en réseaux », la nécessité de « ne pas plaquer des approches toute faite », quitte a bousculer « le cadre institutionnel, les codes, cultures et forme de réglementation ».

La prise en compte des besoins du terrain, permet de construire une offre adaptée à l’individu. « La notion d’offre sur catalogue a de plus en plus de mal à accrocher aux besoins des utilisateurs. »

A cela quelques raisons sont évoquées : « les gens ne savent pas ce qu'ils veulent... L'appétit d'apprendre s'apprend … prendre en compte les réfractaires à l'informatique… la formation est difficile d’accès…. ».

Les projets réussis sont ceux qui prennent en compte les pratiques des individus pour les faire évoluer. Stéphane Martayan de la région PACA rapporte cette necdote : « quelqu’un a cité l’exemple de l’utilisation de la Wii dans des pratiques d’animation », d’autres imaginent des formes d’apprentissage dans des lieux autres que les centres formels de formation. Ainsi, l’Espace Public Numérique de la M@ison de Grigny s’invite chez l’habitant dans son appartement pour apprendre à utiliser les TIC


Envisager et expérimenter de nouveaux modes d’organisation

Cela nécessite la mise en place de nouveaux modèles organisationnels qui mettent en réseau les acteurs de la formation. Entendons ici « formation » au sens large du terme qui regrouperait les acteurs de la formation initiale, supérieure, continue de l’apprentissage. Il s’agit alors pour les participants de l’atelier « Formation et emploi durable » « d’expérimenter et de travailler en mode projet, de fonctionner en système ouvert plutôt qu’en système fermé, d’être en co-construction ».

L’exemple de Sesamath.net est mis en avant. Des professeurs ont crée des documents et des logiciels éducatifs de mathématiques en OpenSource qui concurrencent les manuels scolaires traditionnels, d’autant plus que les ressources numériques sont mis à disposition gratuitement pour les élèves et professeurs.

Pour favoriser le foisonnement entre acteurs, l’intérêt des communautés Formavia est mentionné à plusieurs reprises, car « justement [elles] permettent de se rencontrer entre personnes qui ne sont pas des mêmes milieux mais qui ont un intérêt commun en dépit des postes différents ».A ce titre, l’enquête de satisfaction révèle le souhait d’organiser d’autre rencontre «  en comité de travail plus restreint regroupant tous les acteurs : employeurs, formateurs, apprentis »

Peut-être aurions nous intérêt à inventer des modèles économiques avec des nouveaux partenaires pour construire de nouvelles solutions avec nos partenaires existants ?


Un début de réponse : les EPN

L’Espace Public Numérique est évoqué comme un début de réponse en soit : « Au fond, la piste qui ressortait le plus fort vers la fin, on s’est aperçu que dans tout ça, les espaces numériques avaient un rôle quand même particulier » raconte Stéphane Vincent« Ils ne sont pas des auxiliaires marginaux, ils voient aujourd’hui se transformer les questions de formation et d’orientation à la formation et ils se décrivent comme un service public »

L’EPN comme un intermédiaire entre les citoyens et les institutions lui confère une connaissance fine des préoccupations locales qui peut être mis à profit des partenaires sociaux, des organismes de formation et des institutions. Dans son rôle d’accompagnement des usagers pour mieux s’approprier une société de plus en plus outillée, l’EPN participe à la formation des individus.

Gilles Berhault, président de l'association ACIDD  restituait pour l’atelier Formation et Emploi Durable qu’: « on a aujourd’hui besoin d’avoir des passeurs dans les organisations. Ce n’est pas forcément des formations où l’on va régulièrement, ce sont des ambassadeurs, des formateurs à l’intérieur des organisations qui arrivent à régler les situations de blocages. Aujourd’hui, ils ne sont pas éligibles au budget formation, ça ne l’est pas, mais on a un vrai besoin de gens qui ont du temps, qui sont formés, qui ont des moyens, et qui donnent cette confiance »


« on apprend avec les autres, à son rythme »


Les participants de l’atelier Parcours individuel, construction collective s’interrogeaient justement  « Comment informer les apprenants et les organismes de formation de l’existence des EPN ? Il faut diffuser aux établissements publics numériques la liste des organismes de formation offrant des certifications. Comment enrichir la collaboration entre apprenants et EPN ? Comment favoriser la connaissance des uns et des autres, créer un partenariat resserré ? ».


Un seul mot d’ordre : le partenariat

Lorsque dans l’atelier « Parcours individuels et construction collective », les participants parlent « d’individualisation », de faire du « sur-mesure », de « modulariser les parcours de formation » ; là encore l’individu et ses besoins sont au cœur de la réflexion. Aussi, Claude Baudouin souligne que « tout ça ne peut être efficace que dans le cas d’une démarche coopérative, d’articulation des espaces numériques de travail et des espaces publics numériques ».

Les outils numériques, les espaces de formation en ligne ne peuvent se suffirent à eux-mêmes, au risque de tomber dans le « tout-numérique » craignent d’autres participants.Les initiatives présentées lors de la « Tribune des Projets » montraient bien des exemples d’ENT comme laclasse.com où l’outil était un prétexte pour apprendre et favoriser les dialogues entre chercheurs, enseignants, élèves (voir les parents indirectement).

Certes, les supports en ligne se développe, mais l’apprentissage ne peut se faire seul derrière un écran, sans interaction avec son environnement. Quoiqu'il advienne, les rencontres physiques perdureront. 


Alors quels nouveaux partenariats tisser entre les écoles, les entreprises, les organismes de formation pour permettre à l’apprenant qu’elle que soit le moment de sa vie, de pouvoir bénéficier d’un service public de formation en proximité ?



 Signaler cette page