Histoire sans fin
Un article de FormaVia.
Classé dans Compte-rendu, Formacamp
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Acte I – préparer le terrain
Quelques événements expliquent en partie la construction de cette journée. La communauté Odide du réseau FormaVia produit en 2007 un livre blanc sur la place des TIC et de la FOAD dans la formation. Ce document a permis d’échanger avec les techniciens de la région et a modifié les règles de suivi et de contrôle de la FOAD grâce à un guide proposant des modèles et processus « types ». Pour les acteurs du réseau, apprendre à collaborer n’est pas naturel et nécessite du temps. Parallèlement, chacun constate que les TIC ne se limitent pas à la FOAD. FormaVia s’ouvre et se transforme… expérimente aux travers de projets. Les Espaces Publics Numériques veulent rentrer dans la danse de FormaVia. Ils sont des espaces d’accueil pour des publics diversifiés. Ils expérimentent un B2I adultes. C’est sans doute un maillon dans la chaîne de la formation pour atteindre les publics les plus éloignés. Il faut avancer. Parallèlement, certains CTEF réclament des espaces collaboratifs pour s’organiser au plus près du territoire. Cela se fera au travers de la plate-forme du PRAO. Christian Ville (DGS) donne un feu vert de principe pour organiser des opérations de sensibilisation aux TIC sur les territoires ; une première rencontre a lieu à Bourgoin-Jallieu en janvier 2009.
L’idée d’un BarCamp consacré à la place des TIC dans la formation fait son chemin. Si on pouvait discuter tous ensemble, trouver des débuts de réponse, construire des objectifs communs, aller au contact des élus, co-construire… Tout cela germe et comme le soulignait Stéphane Vincent de la 27ème Région lors du FormaCamp « les TIC deviennent un véritable sujet de transformation, où l’on passe de modèles verticaux à des modèles horizontaux avec des acteurs et des cultures mobiles contre des acteurs qui étaient eux plus rigides et plus institutionnels. » Bref, il fallait y aller. Un accord de principe est posé pour organiser un FormaCamp en février 2009.
Et puis, lors de la session du 19 décembre 2008, les élus ont délibéré en assemblée plénière sur les modalités de mise en œuvre d’un service public régional de la formation. Trois mois plus tard, cette salle a servi de lieu pour les restitutions des ateliers du FormaCamp. Un point commun entre ces deux événements, cette réflexion d’Henri Jacot élu PS qui notait dans ses conclusions « le côté particulièrement novateur de lancement de ce processus de concertation pour nous aider à préciser ces modalités de fonctionnement de notre futur service public régional de formation. A ma connaissance, nous sommes la première et jusqu’ici seule Région à procéder ainsi. ». C’est tout cela qui fait l’humus de cet événement.
Acte II – Un cadre, des acteurs, des réseaux
Le cahier des charges est simple mais ambitieux. Faire un événement transversal régional qui puisse intéresser les acteurs de la formation initiale, supérieure et continue. Mettre les TIC au centre et développer des idées autour de quatre fils rouges : individualisation des parcours, développement durable, territoire, handicap. L’équipe d’animation du réseau, des acteurs de terrain, la DEFC se mobilisent.
Chacun ouvre son carnet d’adresses. On ébauche un programme avec quelques idées clés. Une première conversation avec Mario Asselin d’Opossum via Skype permet de construire des pistes de scénarios. Il écrira tout du long sur son blog. La démarche « s’inspire de notre non-conférence «Vers l’éducation 2.0» qui avait eu lieu à Québec en septembre 2007. On était loin de s’imaginer, à l’époque, que dix-sept mois plus tard, ce serait les gens de la région de Lyon qui auraient l’occasion de prendre le relais… » On ouvre un espace sur le wiki, sur facebook, un peu partout pour créer les conditions d’une conversation. Certains se prennent au jeu. Les échanges pour le fil rouge « parcours individuels et construction collective » sont fructueux. Les animateurs du fil rouge « Handicap et TIC » forment un trio de choc avec Stéphanie Lucien-Brun du centre ICOM, Rébecca Chappe du CEFRA et Catherine Grimaud d’Handiplace. Bon gré mal gré, le mode contributif va fonctionner. Parallèlement des rencontres ont lieu pour organiser l’ExplorCamp que résume Sylvie le Bars sur son blog : « Ce sont des experts de la formation qui ont endossé le tee-shirt d’Explorateurs pour partager leurs expériences. 11 tables d’explorations différentes. Dans ce cadre, les Explorateurs Du Web, n’ont pas partagé leurs découvertes, mais accompagné des spécialistes de la formation dans l’appropriation du concept d’ExplorCamp. » Chacun apporte sa brique à l’édifice.
Ensuite le web servira de caisse de résonance. Les statistiques de fréquentation montrent une courbe croissante qui démarre à la mi-novembre. Les liens croisés entre les sites parlant de l’événement augmentent la notoriété et le bouche à oreille fait le reste. Toutes les personnes réalisant un peu de veille sur le web sont au courant. On peut s’abonner au flux de veille sur le sujet grâce à delicious avec comme mot-clé « FormaCamp ». Bref, le wiki de FormaVia est relié à d’autres sites, s’appuie sur des services externes comme le compte du réseau sur dailyMotion. Tout cela forme un écosystème informationnel et une forme d’intelligence collective. Parce que ne nous trompons pas. La construction du FormaCamp n’aurait pas été possible sans les contributions des participants.
La veillée d’armes est animée entre discussions et machines à sous. Il y a une paire de clowns, l’équipe d’animation, Christian Biral de la DEFC, des animateurs pour la journée du lendemain. Chacun échange ses points de vue. Mais globalement tous sont d’accord. Les TIC ne sont pas une fin en soit, - du reste nous sommes des prénumériques - mais deviennent une nécessité pour de nombreux actes de la vie quotidienne dont la formation. Avec humour et détachement Jacques-François Marchandise renverse le point de vue habituel : « il faut désormais faire le pari de l’humain et favoriser le passage de «la société de la connaissance» à la «société des connaissants». La nuit porte conseille.
Acte III – Décliner les pistes
Farida BOUDAOUD, Conseillère régionale déléguée à l’apprentissage, lance les débats sur cette conclusion : « cette journée doit nous permettre de partager des constats pour bâtir collectivement des démarches, des services, des projets d’expérimentation et de collaboration, de créer, d’innover pour faciliter la co-production de nouveaux services. Les synthèses et conclusions de ces échanges viendront nourrir la réflexion autour de la construction du service public régional de la formation souhaité par la Région Rhône-Alpes. » Ainsi, le mot d’ordre « pas de spectateur, tous participants ! » prend sens au fur à mesure de la journée au travers des échanges.
Mario Asselin et Jacques-François Marchandise plantent le décor : « On construit son identité plutôt que de la construction de savoirs ». Ensuite, cette conversation polyphonique se décline en trois axes : ateliers (parcours individuels et construction collective, formation et emploi durable, territoires en réseaux, handicap et TIC), tribune des projets et ExplorCamp. Les restitutions synthétisent les réflexions des participants.
Près de 11 heures d'enregistrements audio ont été captés, et sont disponibles sur le site sous forme de podcasts (balladodiffusions) afin de vous permettre de (ré)écouter l'intégralité des échanges des ateliers. Les restitutions de ces ateliers sont également disponibles en vidéo et sous forme textuelle in extenso et dans les pages de synthèse de chacun des ateliers. Vous trouverez des photographies prises lors de l'événement par des participants sur le wiki et sur flick’r. Un matériel riche qui doit permettre de construire des pistes pour l’avenir.
Nous avons rassemblé cette masse d’information : photos, dessins, vidéos, bandes sons, contributions écrites, fichiers de présentation, revue du web. Tout est désormais accessible sur le site, et chaque atelier a fait l’objet d’un compte-rendu. Vous pouvez consulter les présentations de la Tribune et les supports de l’ExplorCamp. Bref, organiser votre visite à la carte et faire part de vos commentaires, rajouter votre pierre à l’édifice, dépasser la frustration «de ne pas pouvoir participer à tout, mais c'est la règle du jeu ».
L’évaluation de la journée se résume par une expression simple : « Concept déroutant au départ, mais intéressant, y aura-t-il une suite ? ».
Comme tous les travaux de FormaVia, cette documentation est sous licence Creative Commons. Donc, n’hésitez pas à recycler, enrichir et republier ce matériel en fonction de vos besoins. Les sources vidéo sont sur la page FormaVia sur dailyMotion , et les présentations sur la page FormaVia sur SlideShare. Les enregistrements audio sont quant à eux listés dans la catégorie Podcast.
Acte IV – La suite
En passant au tamis les réflexions des uns et des autres, cinq idées transverses s’imposent.
La place de la culture numérique : entre usages et professionnalisation
- Apprendre les TIC et/ou apprendre avec les TIC
- De la formation formelle aux apprentissages informels
La transformation des organisations : entre accompagnement et innovation
- Transformations internes et externes, les enjeux de la mise en réseau
- Inventer de nouveaux modèles d'organisation
Les TIC et le service public régional : L’enjeu de la complexité
Lors des synthèses, François Duport rapportait le fait que « les TIC comme le développement durable, c’est des notions transverses et pas un objet en soi, sauf pour les spécialistes, donc ça ne concerne qu’une petite minorité. » Ce sont l’un et l’autre des facilitateurs d’apprentissage en continu. Ainsi, acquérir la compétence numérique (4ème compétence clé du cadre de référence européen) et apprendre avec le numérique sont des notions complémentaires et non antagoniste.
Un rapporteur énonce ainsi les enjeux : « lorsque l’on forme aux compétences liées aux TIC, ça allait impacter les organisations quelles qu’elles soient, et notamment les organisations professionnelles, les entreprises… ». Limiter les TIC à une notion d’apprentissage est donc impossible. D’autant qu’« un des enjeux de la mise en réseau des acteurs sur le territoire, » souligne Stéphane Vincent de la 27ème région « c’est de partir de cette logique d’offre en silos qui va vers les utilisateurs et puis de reconstruire une logique de la demande, de repartir de la demande. »
Face à ce constat de transformation, les TIC feront débat dans la construction du service public régional de formation. Comme le remarquait Jacques-François Marchandise en conclusion de la journée : « cette journée a été un petit peu ce qu’on pourrait appeler du « laboratoire de politiques publiques » où reste cette « tension entre « j’attends tout ou je n’attends rien des acteurs d’en haut », c’est-à-dire des institutions, des acteurs publics, de l'État, on va se débrouiller entre nous, c’est-à-dire jusqu’où est-ce qu’on va aller dans des modèles horizontaux ou jusqu’où est-ce que nous sommes dans l’attente que les acteurs institutionnels, nombreux intervenants dans ces domaines, montrent le chemin. »
En clair, nous devons co-construire des propositions en concertation. Et là commence réellement l’après FormaCamp.
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