Conclusion de la journée FormaCamp 2009
Un article de FormaVia.
Conclusion par Jacques-François Marchandisse et Mario Asselin
Ligne de tension autour des publics et notamment d’une chose qui apparaissait de l’un des participants qui était, ce dont on parle, est-ce que ces formations avec les TIC c’est des choses surtout adaptées à des publics de profession intellectuelle ou de cols blancs etc.., et de façon contre-intuitive il y a des très bons exemples qui nous étaient racontés sur des formations au bâtiment, ou à la logistique, ou à ce type de métier.
Deuxième ligne de tension, c’est un peu autour des modèles, quand est-ce qu’on sort des expérimentations, et est-ce qu’on va sortir des expérimentations, est ce qu’on va continuer à faire de façon lourde des choses qui sont à petite échelle et là encore on est en train de comprendre que ici ou là, il y a toujours des expés, il en faudra toujours, mais il y a déjà des grandes échelles, il y a déjà des choses qui se passent avec du monde, qui sont intéressantes à regarder.
En revanche, on reste sur des modes expérimentaux, c’est-à-dire que le fait d’être dans des démarches d’innovation continue et de boucles d’innovation, c’est quelque chose qui va probablement durer.
Troisième ligne de tension, j’allais dire que c’est autour des productions de contenu, je déteste le terme de contenu mais puisqu’il s’agit de tout à fait autre chose, quand on apprend, on apprend pas des contenus, mais quand même est-ce qu’on est en présence de production lourde ou légère, est-ce qu’aujourd’hui il n’y a pas une sorte d’autolimitation par le fait de ne savoir faire que chercher dans les modalités de production et de mode d’apprentissage, est-ce qu’on doit pas au contraire privilégier des formes qui introduisent davantage de continuité sociale et d’auto-production et de type forum et de type réseaux sociaux.
Autre ligne de tension entre ces contenus, c’est les contenus édités, donc les modèles économiques de contenus, et puis les contenus ouverts. Là encore cela ne va pas se résoudre en deux minutes, il faudra aller dans le détail des secteurs dont on parle, des organismes dont on parle, etc., pour savoir de quoi on parle, en tout cas, une des idées que j’ai entendu à plusieurs reprises de cette journée, qui est celle de dire « et si il y avait davantage de contenu ouvert puisque financé sur fonds publics », c’est quelque chose qui semble sur certains domaines pouvoir fortement prospérer, c’est pratiqué dans d’autres pays d’ailleurs.
Autre ligne de tension, c’est celle des temporalités, qui dit formation, j’allais dire très modulaire, pour les professionnels, veut dire « le moins de temps possible », donc où est la continuité, où est le contenu, c’est le tout ou rien du tout. Comment est-ce qu’on arrive à introduire des passerelles entre des formations courtes au fil d’un parcours, ça fait certainement partie des rôles qu’on arrive à assigner aux TIC.
Le dernier aspect que je voulais mentionner c’est la tension entre « j’attends tout ou je n’attends rien des acteurs d’en haut », c’est-à-dire des institutions, des acteurs publics, de l'État, on va se débrouiller entre nous, c’est-à-dire jusqu’où est-ce qu’on va aller dans des modèles horizontaux ou jusqu’où est-ce que nous sommes dans l’attente que les acteurs institutionnels, nombreux intervenants dans ces domaines, montrent le chemin.
Et dans cet aspect-là, j’ai l’impression que cette journée a été un petit peu ce qu’on pourrait appeler du « laboratoire de politiques publiques », des choses dont sont sorties des idées dont les acteurs publics pourront s’emparer, probablement parmi les idées citées, par exemple, le fait de dire « est-ce que des boîtes à outils de base, d’outils numériques en marque blanche, dans une diversité d’outils, peuvent être mis à disposition : autour de l’identité, autour du réseau social, autour de la gestion de contenu, autour de tout ça ». Est-ce qu’on arrive à avoir cet arsenal partagé avec surtout ce soucis d’interopérabilité, est-ce qu’on arrive à avoir ces espaces communs, ou alors tout simplement est-ce qu’il ne faut pas attendre de l’acteur public qu’il le fasse, et faire que ça se fasse de façon un peu plus désarticulée ou sauvage avec le risque que, pour tout un ensemble de gens, sortir de l’institution soit quelque chose d’assez compliqué, voir de franchement inégalitaire. Donc je voulais conclure sur ces interpellations que vous avez été nombreux à avoir autour du rôle des acteurs publics, du rôle de la Région, surtout dans un contexte où les financements publics sont une part importante de ce qui permet aux activités de formation d’avoir lieu. Je voulais conclure là-dessus, je passe la parole et les manettes à Mario.
Mario Asselin : Immédiatement je vais te remercier Jacques-François, ce fut un grand plaisir de travailler avec toi tout au long de la journée et je sais que tu vas nous quitter pour France 3, alors on se sent important que tu doives aller donner des entrevues sur ce thème de nos travaux, et j’en profite pour dire qu’il y a quand même plusieurs personnes à remercier, ne serais-ce que parce que le risque d’avoir une formule ouverte comporte beaucoup de vertiges, avant de faire une rencontre comme ça où on n'a pas l’approche « control », c’est comme ça que je résumerai la journée, présence à l’autre, en formation, peu importe avec le type de public, le type de jeunes, le type d’adultes, le type de clientèle, on doit rester présent et si le conseil régional Rhône-Alpes a pensé que cette formule d’une rencontre plus ouverte devait avoir lieu, c’est probablement aussi parce qu’ils voulaient avoir un type de présence à l’autre, différente, ou du moins en évolution. Pour ma part, je viens en France 5 ou 6 fois par année depuis 2004, la première fois c’était pour Autrans (note : les Rencontres d'Autrans), et je remarque une évolution dans une certaine tolérance, au « work in progress », c’est-à-dire j’ai pas besoin d’avoir toujours toutes les réponses à toutes les questions pour faire un pas. Et j’aime ça, j’aime tout ce que je vois, c’est très subjectif comme retour d’expérience mais j’ai pas vu partout en France le risque pris de la même façon et je vais en profiter pour vous remercier, c’est tout un geste.
On a eu la visite épisodique de deux amis Jean-Luc et Jean-Marie (les 2 clowns), je tiens à vous remercier d’avoir apporté de l’oxygène dans nos travaux, merci beaucoup, une belle présence.
(Applaudissements)
Mario Asselin : Évidement l’équipe de Christian, de François, Jézabel, Sarah, Pierre, Florian, et j’en oublie sûrement, merci beaucoup de m’avoir invité et de nous avoir si bien reçus. Je crois qu’à la fin de cette rencontre-là, on doit quand même se dire « c’est pas terminé », vous savez qu’avec le wiki, le site web de FormaVia, on a donné un lieu en amont où il y a beaucoup eu de bouillonnement, où on a beaucoup co-construit. Aujourd’hui, vous ne le savez peut-être pas mais, sur un canal, parallèle, comme Twitter, on a constamment envoyé des petites touches, des petits liens, des petites réflexions, il faut retourner sur la page wiki pour voir ce qui s’est passé et pour continuer la contribution, à comment contribuer après la rencontre, et dans ce sens-là je vous invite à continuer ne serait-ce que par les liens personnels, les liens institutionnels que vous avez, on va continuer de placer du contenu sur la plate-forme et on souhaite continuer cette conversation, cette rencontre qu’on a eu aujourd’hui, je vous remercie beaucoup de votre sympathique présence.
Conclusion de la journée par Alain Courbis
Je n’ai pas pu suivre tous les travaux, j’ai simplement pu suivre la restitution, mais je crois qu’elle traduit tout à fait la qualité de vos travaux, et j’espère qu’il seront positifs pour tout le monde.
Deux mots quand même pour la Région, redire que pour nous et pour la Région les enjeux sont importants, vous les avez évoqués il y a peu de temps encore, c’est favoriser l’accessibilité à la formation sur tout le territoire, le Rhône-Alpes est très grand, c’est développer l’individualisation des formations, c’est développer l’autonomie des stagiaires en les rendant acteurs de leur propre formation. Aujourd’hui, il ne s’agissait pas seulement de présenter les bonnes pratiques, les bons usages, mais c’était aussi l’occasion, quelques soit la position de chacun, quelque soit son niveau d’appropriation de ces outils, de ces technologies, d'échanger et de partager un certain nombre de connaissances et d’expériences.
J’espère que ceci aura été réussi, en tout cas c’est dans le cadre de ces échanges et de ces partages d’expériences, que continuera à se développer en Rhône-Alpes une culture commune des acteurs de la formation, nous en sommes persuadés. C’est aussi ainsi que les organisations seront en mesure de proposer des actions novatrices, répondant aux attentes et besoins nouveaux de générations, comme vous l’avez aussi souligné aussi il y a peu de temps, génération qui se situe dans un environnement et un monde du travail qui ne cesse d’évoluer.
C’est aussi important pour la région qui, par son écoute des acteurs de terrain, peut améliorer ses cahiers des charges et susciter des interventions, des prises d’initiatives nouvelles.
FormaCamp était un rendez-vous, une étape, ce n’est pas fini. La Région, en ce qui la concerne, poursuivra ses efforts, dans le cadre de sa politique SIDERHAL, également spécifiquement pour ce qui est des formations continues, dans le cadre du réseau FormaVia.
Une dernière fois, merci encore à tous pour votre participation.
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