Apprendre les TIC et/ou avec les TIC
Un article de FormaVia.
Classé dans Compte-rendu, Formacamp, Wikiblog
Cet article est construit sous forme de synthèse de tout ce qui a été dit. Les liens revoient donc vers les restitutions (écrites, audio, vidéos) des ateliers, séances pleinières et autres présentations plus quelques liens externes.
Révolution ou leviers de transformation ?
L’introduction des TIC dans la formation semble avoir provoqué « une révolution » dans le monde de la formation où la pédagogie magistrale ne serait plus dominante. Les clowns du FormaCamp mettent en scène ce choc des modèles en conclusion de la matinée. C'est ce qui se passe quand le web 2.0 (web social autrement dit le web qui s’appuie sur ses usagers) rencontre le 1.0 (la communication descendante). » analyse Jacques-François Marchandise, directeur du développement de la Fondation Internet Nouvelle Génération (FING).
Cela est reaffirmé dans les ateliers :
En effet, l’individualisation provoque une révolution dans les façons de travailler dans la formation et du rapport au savoir. Cela est particulièrement vrai dans les réseaux de formateurs, en formation initiale et continue, qui travaillent grâce à des EPN indique Claude Baudoin, Conseiller du recteur et directeur du CRDP de l’académie de Lyon en restitution de l'un des ateliers parcours individuels et construction collective de l'après midi.
En restitution de l'atelier Territoires en réseaux du matin, Stephane Vincent inque que pour les acteurs "Indéniablement, l’Internet et les TIC sont des leviers de transformation majeurs dans les questions de formation et d’emploi puisque ça a changé le rôle des acteurs, d’un certain nombre de protagonistes sur le territoire.
L’enjeu : l’accès à la FTLV et à l’emploi durable
Le tour de table réalisé dans l'atelier Formation et Emploi durable (après midi) a permis de mettre en évidence le fait que :
On constate des changements de comportement dans le travail : l’emploi durable est une succession d’emplois, parfois une compilation, parfois en télétravail. La formation doit donc permettre aux gens de changer d’emploi dans de bonnes conditions. Les TIC sont des outils indispensables. On passe de la transmission à l’accompagnement de l’apprenant. La formation recouvre également la question de l’anticipation des besoins réels et de la dimension personnelle (dont le savoir être). Gilles Berhault, Président d'ACIDD.
Comme le rappelle Farida Boudaoud, Vice-Présidente chargée de l’Apprentissage, en ouverture du FormaCamp
Il me semble fructueux d’interroger cette relation formation/technologies de l’information et des communications. Bien entendu la formation me semble être un élément déterminant pour favoriser le développement des nouvelles technologies, et permettre au plus grand nombre d’y accéder et de se les approprier. Parallèlement, ces nouvelles technologies sont aussi porteuses de nouvelles perspectives pour notre dispositif de formation :
- pour l’enrichissement des outils pédagogiques,
- pour la diversification des modalités d’accès pour offrir à chacune et à chacun les meilleures conditions d’accès à une formation de qualité tout au long de sa vie.
L’accès aux TIC, et au meilleur niveau de formation sont devenues des clés essentielles à la réussite des individus, et au développement de nos entreprises et de nos territoires. Il est donc essentiel de garantir l’accès de tous à ces ressources, et de ne pas générer d’exclusion sociale : c’est une question d’égalité des chances, un véritable enjeu démocratique.
Culture - et fracture - numérique
Il y a une ligne de tensions autour des publics (J-F. Marchandise en conclusion) avec les « digital migrants » et les « digital natives ».
Cette question de leur niveau de maîtrise des TIC a été soulevée dans l'atelier Parcours individuels et construction collective : est-ce que les formations avec les TIC sont surtout adaptées à des publics de profession intellectuelle ou de cols blancs ? peut-on augmenter l'appétence des publics dits de bas niveau en utilisant uniquement les TIC ?
Et cela a amené une partie des restiteurs d'ateliers, dont Nadia Benbouya , Responsable du CDRM, Département SiiP du Groupe IGS pour l'atelier animé par François Bocquet, Directeur Adjoint du Département F.I.L.T.R.E de l'Université de Lyon 2 et consultant-associé du cabinet aska, à constrater qu'il y a une fracture numérique sur laquelle on est à la fois en train de gagner et construire de nouvelles fractures sociales qui peuvent être celles du web 2.0, parfois du développement durable : ce n’est pas parce que l’on sait se servir d’un ordinateur que l’on sait utiliser une plate-forme collaborative et travailler à plusieurs sur un projet, comme précise Gilles Berhault dans son atelier Emploi et Formation durable.
Or, cette habileté [numérique] doit être commune et partagée au travers d’une « génération » éducative : il faut que les parents et la famille restent des acteurs de l’éducation et pour cela penser à eux dans cette 'articulation des environnements numériques de travail. (atelier animé par François Bocquet)
La compétence numérique et les TIC, objets de formation
La question de la compétence numérique avait déjà été soulevée sur le wiki en préparation du FormaCamp par les animateurs C.Vaufrey, Rédactrice en chef Thot – Cursus, L.Endrizzi, de l’INRP - blog et bibliographie en ligne, et F.Bocquet, Professeur d'université associé à l'Université Lumière Lyon 2 :
- Quelles compétences numériques doivent être acquises pour s'adapter aux nouvelles modalités de communication et de production qui s'imposent dans un nombre croissant d'espaces de travail ?
- Comment les intégrer de manière systématique à toutes les formations d'adultes : modules en présence, mise en réseau (des centres de formation avec les EPN par exemple), autoformation grâce à une sélection de produits de formation en ligne... ?
- Doit on former aux TIC ou bien préparer les formateurs à former et se former avec les TIC (ce n'est pas la même chose)
- Quel place de l'usage des outils numérique dans la formation des formateurs (pas nécessaire de formation à distance)
- Quels savoir-faire des formateurs de formateurs ?
- Quels méthodes et outils utilisés pour la recherche, la co-production, la régulation, l'évaluation, les temps de certification ou de validation, ...
- Quel référentiel mettre en place ou adapter (lien avec le référentiel C2I2E à adapter aux formations de formateur ?)
Cela a été discuté dans les ateliers :
Comme l'indique Nadia Benbouya en restitution de l'atelier Parcours individuels et construction collective (matin) : Le numérique c’est aussi 'd’autres éléments qui entrent dans la définition de la compétence : du savoir-être, du comportement, une habilité qui est beaucoup plus générale.
De même, Claude Baudoin rapporte dans l'atelier de l'après midi que : Avec la première cession du diplôme nationale du brevet qui incluait l’informatique Internet, le B2I et depuis que sont lancés également le B2I école, le B2I lycée et le C2I, on a indéniablement des jeunes générations qui ont des compétences dans les TIC. Et puis, de l’autre côté, quelqu’un a dit « public sans étiquette », hors catégories bien repérée, qui ont besoin d’acquérir un certain nombre de compétences avec peut-être une 'distinction à faire sur les compétences aux TIC et les compétences par les TIC', les compétences basiques qui permettent de se servir des outils informatiques Internet, et d’autre part, lorsque l’on veut se former aux professions de la santé, hôtellerie, restauration etc, métallurgie, on va utiliser des solutions logicielles donc, il y a la formation à ces technologies et par les technologies.
Le besoin de formation aux TIC est général, y compris chez les acteurs publics (Eugène REY, Vice-Président de la CAPI, au cours de l’événement organisé par ODIDE àBourgoin-Jailleu le 27/01/09). C'est d'autant plus important, que lesTIC présentent un intérêt en tant que lien social (Elyette CROSET-BAY, Conseillère Régionale et Elue Pilote du CTEF Nord Isère au cours du même événement)
Comme dit Christine Vaufrey en restitution de l'un de ses ateliers : Apprendre les TIC ou apprendre avec les TIC ? On s'aperçoit que finalement les TIC peuvent devenir eux-mêmes une matière à part entière vu qu’ils ne sont pas encore maîtrisés par tout le monde, public et formateurs. Donc il y a l'apprentissage des TIC et ensuite la problématique pour pouvoir les utiliser dans le processus d'apprentissage.
Il apparaît en effet que la question de la compétence numérique : c’est non seulement intégrer les TIC comme une compétence en soi mais aussi s'approprier les outils pour accéder au savoir.
Les TIC, outils de formation
On sait que, notamment en situation de Handicap, les TIC sont facilitateurs d’accès à la formation (cf. atelier handicap et TIC animé par Stéphanie Lucien Brun et restitué par Joël Dumontet) :
Elles sont présentes dans toutes les étapes de l'orientation, de la démarche de projet, de la mise à niveau, de la préparatoire, de la formation professionnelle, mais également dans les structures pour enfant et adolescent.
Elles permettent l’ alternance de situations à domicile pour des personnes fatigables, de situations dans des centres de formation, des situations dans des entreprises où tout ça peut être beaucoup plus aujourd'hui articulé, à condition que il y ait une logique de management de ces parcours avec des postures de formateurs qui deviennent vraiment des accompagnateurs des parcours.
Elles sont un moyen de développement des compétences (notamment pour des jeunes ayant des déficiences mentales)-> moyen d'être « avec » et « comme » les autres et un moyen de faciliter l'accès à la "sociabilisation" dans des situations de handicap psychique.
Les TIC ont permis un énorme progrès dans les modalités pédagogiques par contre restent aujourd'hui les limites dans la juxtaposition des dispositifs et les statuts des stagiaires et des bénéficiaires qui ne permettent pas d'aller aussi loin que les technologies et les nouvelles mises en œuvres le permettraient.
Mais, comme le précise Christine Vaufrey : On ne sait pas ce que les TIC apportent à l’apprentissage car il n’y a pas d’étude générale sur le sujet mais une multitude de réponses de terrain et c’est peut-être l’essentiel.
Ce qui fait dire à Jacques-François Marchandise en conslusion que : On reste sur des modes expérimentaux, c’est-à-dire que le fait d’être dans des démarches d’innovation continue et de boucles d’innovation, c’est quelque chose qui va probablement durer.
Kevin REMY de l'ADEA Formation, restituteur d' un atelier parcours individuels (matin) : Beaucoup d'interrogations par rapport à l'utilisation des TIC dans les processus de formation et notamment au niveau de l'individualisation :
- comment organiser les contenus quand on utilise les TIC en formation ? reprendre son cours magistral comme on le faisait à l'ancienne et le plaquer sur internet ? Comment organiser les choses pour impulser de l'envie auprès de l'apprenant ?
- Quels contenus sont pertinents ? Il y a énormément de contenu, beaucoup de jeunes utilisent Internet et vont vers des sites où ils ont des vidéos etc. Quand les formateurs essaient de mettre en place des dispositifs de formation avec les TIC, le résultat est souvent au final un peu statique, et éloigné de ce qu'ils peuvent consulter par ailleurs.
- Le risque n'est il pas de trop guider les apprenants et de limiter une démarche active dans l'apprentissage (qu’ils trouvent leurs propres sources) ?
Dépassement du clivage
François Duport, assistant à maîtrise d'ouvrage de la Région pour FormaVia et co-animateur de l'atelier Fromation et Emploi durable (matin), souligne : Les TIC comme le développement durable sont des notions transverses et non un objet en soi, sauf pour les spécialistes, donc çela ne concerne qu’une minorité.
La question n’est elle pas de réapprendre à apprendre ?
En ayant conscience de la multitude de façons d’apprendre et de l’appétit d'apprenant / appétit pour la formation, comme le souligne Mario Asselin sur son blog.
Cela a été discuté dans l'atelier parcours individuels (matin) :
Les compétences de base qui permettent de s’orienter, de trouver sa voie, de trouver son parcours de façon autonome, ne relèvent pas du tout des TIC mais plutôt d’une démarche expérimentale qui a tendance à disparaître dans les enseignements initiaux. Ne faudrait-il pas renforcer cet aspect-là qui du coup permettrait aux apprenants d’être beaucoup plus en autonomie ?
Il est impératif de lier l’apprentissage à la pratique, tout ce qu’on a vu comme exemples de bonnes pratiques liait une phase d’utilisation des TIC et d’apprentissage en autonomie grâce aux outils numériques avec de l’expérimentation en situation réelle : les TIC ne sont pas une petite bulle coupée de la vie mais il doit bien y avoir des allers et retousr entre l’expérimentation de la personne en situation d’apprentissage à ce moment-là et la formalisation au travers des TIC.
Avec une idée (atelier Formation et emploi durable animé par Gilles Berhault, le Président d'ACIDD) :
Il est nécessaire de développer le goût d’apprendre et peut-être pour cela de communiquer au même titre que la sécurité routière ?
Joel Dumontet en restitution de l'atelier Handicap et TIC, précise :
Pour les formateurs au sens large, il y a à travailler sur la dimension cognitive, ce qui se passe quand même dans ces nouvelles modalités c'est un nouveau rapport dans les modalités pédagogiques. Peut-être des formations nouvelles, ou anciennes mais peut-être à privilégier, sont-elles à mettre en place autour des techniques d'explicitation, du développement cognitif, du fonctionnement de cette nouvelle modalité ?
Ce qui est résumé sur le « Dispositif eductice de l’INRP qui participe au programme apprendre avec les TICE »
Ce qui est en jeu, c’est bien l’apparition d’un nouveau paradigme d’apprentissage imposant une importante recomposition de la « Praxis » des acteurs habituels : enseignants et apprenants et mettant en évidence de nouveaux acteurs dont le rôle se construit dans l’action. Toute une palette de situations se décline alors selon que l’acteur est auteur, responsable d’enseignement, scénariste, apprenant en autoformation, en contexte mixte (distance, face à face), lointain (sans face à face), décideur local, décideur institutionnel, etc.
Quant au métier d’apprenant, il évoluerait vers de nouveaux types d'engagement : prise en compte de l’expérience, recherche d'information, communication entre pairs, création, autonomie, etc. Les TICE modifient l'espace et le temps éducatifs (délocalisation, désynchronisation) et offrent à l'acteur apprenant des modes d'interactions complexes et peu usités jusque là (interactions apprenants/apprenants; apprenants/ressources…),
Stéphane Vincent résume dans l'atelier Territoires en réseaux (matin), on est passé de modèles verticaux à des modèles horizontaux, ce qui sous entend de réfléchir à des concepts tels que :
-> « éducation populaire » (le modèle de Grignypar exemple).
-> « rendre les gens autonomes », c’est-à-dire ne pas les enfermer dans les offres, ne pas leur offrir des offres de formation fermées, mais rendre les gens capables de se débrouiller tout seuls. Un peu la fin de l’expertise à l’ancienne avec des experts qui parlent à des gens qui doivent écouter. (cf les clowns)
-> « apprentissage collectif », « innovation sociale », partir des pratiques des gens et ne pas chercher à plaquer des approches toutes faites.
La certification
Les acteurs soulignent la nécessité d’un certificat de navigation internet à rendre obligatoire dans toutes les formations financées par la Région (atelier formation et Emploi durable (après midi)) ou encore un passeport numérique régional comme le « team pass » qui est développé en Nord pas de Calais et ou d’autres dispositifs, en région Midi Pyrénées (atelier parcours individuels (matin)).
En même temps, Christine Vaufrey dénonce le danger des certifications (restitution atelier aprcours individuels (matin)) , certes intéressantes pour attester d’un niveau, mais qui peuvent vite devenir un objectif en soi, et non pas la conclusion d’un parcours.
Ce qui fait dire à François Duport : L’ambiguité de la certification si on prend le point de départ d'un passeport numérique régional, ce n'est pas obligatoirement pour avoir une certification.... mas plutôt des compétences... qui amène ensuite à la certification. D'autre part, les usages sont toujours contextualisés.... Donc par quoi commencer ?
L'emploi du terme "passeport numérique" ne renvoie-t-il pas à une expérimentation à Lyon 2 où les utilisateurs dispose d'un ePortfolio qui permet de consigner des preuves de compétences pour le B2I, C2I..... C'est à dire intégrant les apprentissages informels qui débouche ensuite - dans un temps long - sur une certification.
En clair, ce passeport renvoi aussi au "passeport formation" de l'ANI qui permet de se construire un parcours....
Bref, de créer des articulations entre temps courts et temps longs, entre apprentissages formels et informels, entre dispositif.... etc. et d'intégrer l'usage des TIC dans l'apprentissage plutôt qu'apprendre les TIC...
Les moyens et outils de l’individualisation
Les acteurs déclarent avoir peu de moyens pour individualiser les formations, la possibilité éventuellement d’ajouter un ou deux modules à l’option, mais très peu de temps à consacrer au tutorat. Malgré tout des parcours extrêmement linéaires, on donne peu la main aux apprenants, ce qui nous semble un gros défaut (atelier parcours individuels (matin))
Il est nécessaire de simplifier l’accès à la formation, notamment pour des modules très courts et très fréquents, et de former des passeurs/formateurs à l’intérieur des organisations avec du temps et des moyens…(atelier Emploi et Formation durable (après midi))
En termes d’outils, 4 dispositifs ont été envisagés à travers les expériences des participants à l'atelier parcours individuels (après midi):
- les blogs soutenus par des scenarios pédagogiques (rupture culturelle pour le formateur car très forte dimension collaborative, incertitude quant au résultat de la collaboration des étudiants, difficulté d’évaluation entre l’individuel et le collectif)
- le tutorat et l’accompagnement individuel (très présent dans les dispositifs FAD, permet de sortir du cadre, personnalisation, mais nécessité d’un cadre - cf le travail des APP, facilité accorcée à l’apprenant mais aussi au tuteur)
- les architectures modulaires de formation à partir des référentiels métiers, avec positionnement initial de l’apprenant (quid de l’adaptation du parcours pendant le déroulement du parcours ?)
- les banques de ressources pédagogiques dans le cadre de dispositifs hybrides, en complément du cours pour l’approfondissement des apprentissages
Il y a aussi le eportfolio de compétences comme fil rouge de la valorisation des compétences tout au long de la vie (Christine Vaufrey en préparation du FormaCamp) permettant de répondre à la question de l’articulation entre l’auto formation permanente et le besoin de diplômes, de valoriser la formation reçue sous ses différentes formes, d’être la traduction individuelle et reconnue des dynamiques d’autoformation en ligne ? (et quid de traduire l’apprentissage par les pairs en compétences ?)
Ne pas réinventer la roue
Les participants à l'atelier parcours individuels animé par C.Vaufrey ont souligné le fait qu'il existe des dispositifs de personnalisation, d’individualisation extrêmement performants (ex des APP, ateliers pédagogiques personnalisés, en danger de disparition, par manque de financement, alors que depuis trente ans qu’ils existent, ce sont des exemples parfaits de parcours individuels et de renforcement de l’autonomie de l’apprenant.) Donc 'pourquoi vouloir réinventer quelque chose ou s’interroger sur quelque chose qui existe déjà' ?
Rébecca Chappe, directrice du CEFRA, indique en restitution de l'atelier Handicap et TIC (après midi) que :
Il' faut certes une meilleure identification des besoins pour que les personnes handicapées puissent mieux accéder à la formation, mais avec la position centrale des MDPH dans la coordination des acteurs, des outils et des parcours des personnes handicapées. Tous les dispositifs imaginables doivent veiller à ne pas se superposer à ce dispositif-là qui est essentiel et central. Il y a des outils qui existent, notamment l'outil du PRAO qui nous permet d'avoir en ligne le répertoire d'ensemble des actions de formations qui sont disponible dans la région Rhône-Alpes, mais on a identifié le fait que sur ce site ilnous manque une ligne ou l'accès aux actions de formation ouvertes à distance qui pouvait favoriser le suivi de formation des personnes handicapées.
Stéphane Vincent, en restitution de l'atelier territoires (matin), précise que :
Les projets ont échoué quand on a utilisé les TIC sans y associer un projet pédagogique, ou bien en y associant le même projet pédagogique qu’il y a dix ans.
Ca a réussi en revanche quand on avait travaillé sur les pratiques des gens ou bien quand on a renversé le processus, en passant de la formation à l’apprentissage, au plus près des gens (là où ils sont), etc.
Les espaces numériques avaient un rôle particulier : notamment sur la recherche d’emploi et de formation : ils accueillaient tous les acteurs qu’on ne savait plus renseigner dans d’autres pôles plus institutionnels. Ce ne sont pas des auxiliaires marginaux sur ces questions, ce sont eux qui voient aujourd’hui se transformer les questions de formation et d’orientation à la formation et ils se décrivent comme un service public, donc là il y a bien un sujet, une piste intéressante à intégrer.
Répondre à la demande
Pour envisager une formation durable : Il est nécessaire de répondre à la demande et tenir compte des nouveaux modèles économiques (biens communs de formation). (François Duport en restitution de l'atelier du matin)
Cette idée est également reprise dans l'atelier territoires : Un des enjeux de la mise en réseau des acteurs sur le territoire, c’est de partir de cette logique d’offre en silos qui va vers les utilisateurs et puis de reconstruire une logique de la demande, de repartir de la demande. En tout cas, 'mieux mettre en réseau les acteurs sur le territoire', c’est au bénéfice normalement des usagers qui doivent mieux s’y retrouver dans l’ensemble de l’offre etc..
Et dans l'atelier Formation et emploi durable (après midi):
Ilpeut être envisagé de :
• Faire un état des lieux des besoins et des usages
• Mettre un niveau minimum dans tous les plans de formation
• Rendre la formation continue effective : obligatoire, plus simple d’accès, meilleure utilisation des financements
• Lancer un plan de communication national
Il reste des secteurs (TPE, artisans, commerçants) ou des sujets (Développement durable ?) dans laquelle la formation est aux abonnés absents(cf conclusions de la Journée "Orientation, formation et emploi à l’heure de l’internet" organisée par la 27ème région le 03/12/09).
Et en même temps, cela doit être relié à l’orientation pour définir comment construire une offre de services, ou comment soutenir la construction d’une offre de services, pour accompagner ces parcours à l’échelle d’un territoire (cf le blog de Laure Endrizzi de l'INRP).
Mutualisation, articulation et partenariat
Les acteurs insistent sur :la nécessité impérative du travail collaboratif à tous les niveaux, c’est-à-dire autant les apprenants que les formateurs, mais aussi tous les acteurs de la formation.
Et plusieurs participants (atelier parcours individuels (matin)) ont mis l’accent sur l’intérêt des communautés FormaVia, qui justement permettent de se rencontrer entre personnes de profils et fonctions différents, mais ayant un intérêt commun.
Dans l'atelier animé par François Bocquet , on parle de la possibilité de mutualisation des pratiques afin de mettre en place un dispositif de veille d’information parce qu’il y a énormément d’informations éparses d’où la nécessité de « butiner ». Or, il n’y pas de lieu pour permettre aux formateurs et acteurs de la formation de faire une veille efficace. Quid de la possibilité de mettre en place une sorte de « web social » de type facebook ou buddypress ?
Dans celui animé par Gilles Berhault et François Duport : La mutualisation et la veille commune doivent permettre de tenir compte des nouveaux modèles économiques, du besoin de mise en réseau des acteurs, de l’obligation d’expérimenter et de travailler en mode projet, de fonctionner en système ouvert, avec enrichissement collectif, de l’obligation d’être en co-construction. ex. de SESAMATH système rentable tout en étant en ressources ouvertes.
Il faut « échanger la formation », ie diffuser l’information sur les espaces publics numériques, utilisables par les apprenants et les organismes de formation, diffuser aux établissements publics numériques la liste des organismes de formation offrant des certifications. Travailler sur ces deux leviers, ces deux niveaux. D’un côté, les apprenants, de l’autre côté, les EPN, pour voir comment enrichir cette collaboration dans la diffusion de la communication ou de la connaissance des uns et des autres, donc plutôt autour d’un partenariat resserré. (Nadia Benbouyan restitutrice de l'atelier animé par F.Bocquet)
Claude Baudoin, restituteur de l'atelier animé par Laure Endrizzi, précise :
L’individualisation des parcours ne peut se faire que dans le cadre d’une démarche coopérative, d’une relation partenariale et de l’articulation des espaces numériques de travail (ENT) et des espaces publics numériques (EPN). Les ENT doivent être de véritables espaces collaboratifs multi-acteurs. Ce sont des moyens de réseaux d’acteurs. Il faut les articuler avec les EPN.
Et puis l’articulation des environnements numériques de travail, qui accompagnaient l’articulation de l’espace numérique de travail de la région, en anticipant la formation des parents, évolution de la parentalité face à l’usage numérique des jeunes. (atelier parcours individuels (matin))
Nous serions confrontés à un glissement vers du tout numérique en ligne. Il y aurait complète dématérialisation. Or, le centre de ressources peut être alternative au tout numérique (lieu de médiation, diversification des supports). La RRA doit aider le réseau de centres de ressources existants (CDDP, CRDP, ..) à s’adapter aux besoins de la formation continue, avec et sans les TIC. (atelier parcours individuels (après midi))
Ce que Jacques Houdremont décrit sur son blog: L’émergence dans la formation aux usages des TIC du rôle essentiel des Espaces Publics Numériques et donc la nécessité de leur donner les moyens de leur action dans le cadre d’une mission de service public. (cf. le blog de Jacques Houdremont)
Il faut distinguer ce qui peut relever de la région et des secteurs : la région peut renforcer les compétences aux TIC et financer l’accompagnement. Par contre les compétences par les TIC dans les secteurs professionnels, et dans le cadre d’un partenariat public/ privé, il semble que ce soit plus du domaine de ces secteurs. (Claude Baudoin, atelier parcours individuels (après midi)).
Comme le rappelle Alain Courbis (Direction Générale des services) en conclusion du FormaCamp :
Les enjeux pour la Région Rhône-Alpes sont de :favoriser l’accessibilité à la formation sur tout le territoire, développer l’individualisation des formations, développer l’autonomie des stagiaires en les rendant acteurs de leur propre formation.
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